Le 10 octobre 2006, en réponse aux multiples griefs des communautés sur l’exploitation des ressources minières de Kédougou, l’ancien Ministre des Mines et de l’Industrie M. Madické Niang avait convoqué une réunion à Dakar pour présenter les ambitions de développement de la région de Tambacounda par le gouvernement du Sénégal à travers le Programme Social Minier. L’objectif était plus que clair : rassurer les populations en leur redonnant confiance.

Mais la démarche n’était pas bonne, ce que j’ai eu à exprimer lors de cette rencontre en ces termes : « cette opération de communication est une bonne chose et c’est à quoi nous appelons depuis 3 ans, mais à mon avis cette réunion aurait été plus pertinente à Kédougou…sur le théâtre des opérations ».

A mon humble avis, je ne pouvais pas comprendre que l’on  puisse convoquer un groupe de citoyens venant de plus 700 Km de Dakar au 4ième étage du Building Administratif pour régler des questions aux enjeux aussi importants !

Je pensais avoir été bien compris, puisque séance tenante, M. Niang avait donné son accord pour venir en personne à Kédougou présider une réunion de cette nature et, cela a été fait.

Mais voilà encore, que le 05 janvier 2009, 2 ans après, Le Président de la République convoque à nouveau les représentant de Kédougou à Dakar après les émeutes sanglantes du 23 décembre 2008. Alors qu’il n’a même pas fait allusion à ses dernières lors de son message à la Nation du 31 décembre, par omission ou par  maladresse.

Au sortir de cette rencontre il semblerait qu’il ait promis de venir lui-même présider un Forum Social à Kédougou pour trouver des solutions aux problèmes des populations. Ce qui du reste est bien à saluer. Mais est ce que le Président n’aurait dû pas commencer par se rendre sur le terrain et rencontrer directement les populations meurtries par les événements de décembre ? A dire vrai, c’est ce que les populations attentaient. Quand les deux Ministres qui ont été dépêchés sur les lieux des affrontements été arrivés, tout le monde avait souhaité qu’ils rencontrent les représentants de la région. Malheureusement, ils ont déçu les attentes en se limitant à un simple tour de ville pour constater les dégâts.

C’est vraiment regrettable qu’au Sénégal nos dirigeants restent toujours cramponnés à un centralisme révolu et à des méthodes de gestion verticales. Hier c’était le Building Administratif, aujourd’hui le Palais !

Ce Forum dont parlerait le Président est une urgence qu’il ne faudrait pas négliger.

Kédougou vit une frustration séculaire que seuls la proximité, l’écoute et la pose d’actes concrets en termes de développement d’opportunités économiques pour les jeunes surtout peut apaiser durablement.

                                                                                                                                    

Aly Sagne