Le 6 Juin 2006, le Préfet de Kédougou avait convoqué une réunion de « Sécurité »dans la base de la compagnie minière Mineral Deposit Limited (MDL) à Sabodala, sur une initiative du Ministère des Mines et de la Géologie.

Etaient présentes entre autres personalités, le Directeur des Mines et de la Géologie (DGM),le Sous-Préfet de Saraya, le Commandant de la Gendarmerie de Kédougou, le Commandant de la Caserne Militaire de Kédougou, le chef de Service des Eaux et Forêts de Kédougou, les Représentants de MDL (Responsable des Questions Sociales et le Responsables des Opérations Techniques).

Comme à mes habitudes ce jour là, j’ai exprimé mes préoccupations écologiques en posant des questions relatives au dispositif de prévention et de surveillance environnementale  mis en place par MDL. J’étais convaincu qu’il n’en était rien, mais je voulais prendre les autorités présentes à témoin.

En effet, les représentants de MDL me répondirent  qu’il ne sont pas en mesure de me donner des explications. Je poursuivis en demandant quelle est le niveau de mise en oeuvre du Plan de Gestion Environnementale et Sociale (PGES) de MDL? Ils répliquèrent qu’ils ne sont pas autorisés à en parler…seuls leurs supérieurs peuvent nous fournir des informations. Je poursuis encore en demandant est ce qu’ils ont une base de données du suivi environnemental et, est ce qu’elle est accessible au public ? Là, Mme le Chargé des Questions Sociales s’énerva un peu et répondit: « le document du PGES ne lie pas la compagnie minière MDL, il appartient au Cabinet Tropica qui en est l’auteur. En plus le public n’est pas autorisé à consulter notre base de données environnementales.

C’était tout simplement ahurissant ! »

Alors je réagis violement devant le DGM pour lui demander de faire cesser ce genre d’insinuation de non responsabilité de MDL sur le document du PGES et sa mise en oeuvre. Sur ce, ce dernier rassura l’assemblée en soulignant que non seulement la compagnie minière est propriétaire du PGES, mais mieux, elle est tenue de le mettre en oeuvre entièrement.

Village de Sabodala (source: Archives personnelles)

Village de Sabodala (source: Archives personnelles)

Ce que je pense en réalité, est qu’il n’y a aucune compagnie minière dans la zone de Kèdougou qui dispose d’une politique environnementale qui met en avant la santé et la sècurité des populations environnantes et/ou de leurs employés. Alors qu’il y va de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE), comme indiqué dans tous les Instruments Juridiques internationaux relatifs à la RSE.

La raison est trés simple : elles savent que les conséquences écologiques de leurs opérations est le moindre soucis de nos gouvernements qui les octroient leurs licences. « THEY ONLY NEED  CASH ! »

Je rappelle pour preuve :

–        Le 21 mars 2005, MDL a obtenu sa licence sans avoir dérogé à l’Etude d’Impact Environnementale et Sociale (EIES), en violation du code de l’Environnement et du code Minier ;

–        L’article 84 du code minier stipule que : « Nonobstant les obligations découlant de l’article 82, tout titulaire d’un titre minier d’exploitation est tenu d’ouvrir et d’alimenter un compte fiduciaire dans une banque commerciale au Sénégal. Ce compte est destiné à la constitution d’un fonds pour couvrir les coûts de la mise en œuvre du programme de réhabilitation ». Jusqu’à présent, MDL qui est en pleine activité n’a pas respecté cette disposition, en dépit de multiples interpellations depuis 2006.

Il est temps à mon avis que l’Etat du Sénégal nous édifie sur sa réelle volonté de défendre sa politique environnementale de façon générale et de façon spécifique relativement aux opérations minières.

A cet effet, le Département de l’Environnement doit effectuer une descente sur les lieux  le plus rapidement possible et procéder à une analyse des sources d’eaux suspectées de pollution et en tirer les décisions idoines.

Sabodala ne doit pas être une source de malédiction environnementale une fois ses réserves d’or épuisées.

Aly Sagne,

LSD, BP : 279, Fatick-Senegal