Source: http://senegal-business.com/2009/06/plus-de-83-des-droits-et-interets-du-projet-sabodala-sont-actuellement-detenus-par-20-banques-et-institutions-financieres-australiennes/

La Gazette a, en effet, appris, par les documents officiels publiés par MDL, elle-même, que pour garantir les emprunts de MDL, plus de 83% des droits et intérêts du projet Sabodala sont actuellement détenus par 20 banques et institutions financières australiennes dont la liste figure dans le rapport financier annuel de la société (MDL Annual Report for the Financial year ended 30 June 2008 page 97). Ce même rapport nous renseigne que les autres actionnaires du projet Sabodala sont des privés australiens. Où est donc le capital privé national dans ce projet ? La situation économique du projet inauguré à grande pompe par le chef de l’Etat est tout sauf reluisante pour notre pays. Celle-ci est, en revanche, éblouissante pour la partie australienne – celle-ci se frotte les mains- et pour les quelques Sénégalais qui leur ont permis de faire main basse sur une partie de notre patrimoine national. Ce tableau donne, de façon on ne peut plus claire, les institutions qui détiennent toutes les garanties posées sur la mine de Sabodala. En définitive, celles peuvent décider à tout moment de l’avenir de cette mine, en dehors de tout contrôle de l’Etat du Sénégal et même de celui de MDL à qui elles ont offert aux garanties.

Une situation économique peu viable

Selon les propres informations de MDL publiées au niveau des bourses d’Australie et du Canada, la compagnie aurait déjà investi avant le démarrage de l’exploitation du gisement de Sabodala, la somme de 125 milliards de FCFA (250 millions de dollars us) et prévoit des coûts opératoires directs de plus de 7,07 milliards de FCFA par tonne d’or produit (440 $us/once d’or) pour une réserve économiquement exploitable de 50 tonnes d’or localisée jusqu’à une profondeur de 300 mètres. Si on se réfère aux réserves exploitables du gisement de Sabodala, si on considère le niveau des dépenses de pré-exploitation annoncées par MDL, en tenant compte des amortissements nécessaires, et enfin, si on considère les coûts opératoires directs : coûts financiers des remboursements des emprunts, engagements sociaux, paiement de royalties à payer, délais de remboursement généralement admis dans des opérations minières similaires, on peut d’ores et déjà annoncer l’échec inévitable du projet.

Ce ne serait pas exagéré de parler de faillite programmée de l’exploitation de Sabodala par MDL. Cet échec est d’autant plus évident que ce qui est annoncé ressemble sans commune mesure avec ce qui se fait au niveau des mines en exploitation dans la sous région. Ces chiffres cachent-ils une véritable arnaque ? Ne sont-ils pas une tromperie qui ne dit pas son nom ? A quelles fins ? C’est justement la question que de nombreux spécialistes se posent aujourd’hui. On peut, en effet, se demander comment les autorités ont-elles pu accepter les conditions dans lesquelles la concession a été octroyée à MDL pour l’exploitation de la mine Sabodala. Les promoteurs du projet sont tout sauf des enfants de chœur. Ceux-là ne peuvent pas être, à ce point, si léger et si naïf, pour accepter de s’engager dans un projet dont la rentabilité est compromise dès le départ.

Et ce sera pourtant le cas si les chiffres qu’ils avancent pour justifier le niveau d’engagement financier (125 milliards de FCFA) dans la phase pré-exploitation du projet sont exacts. En aucune façon, MDL ne pourra pas, compte tenu des engagements financiers de départ qu’elle annonce, rentabiliser l’exploitation de la mine. A moins que ses responsables ne soient d’une légèreté inqualifiable, la société doit d’ores et déjà savoir qu’elle pourra compter sur l’exploitation de ressources de minerais existant dans des périmètres à proximité de la concession de Sabodala-qui ne leur appartient donc pas, pour l’instant du moins-, pour espérer rentabiliser son projet. Compter sur cette hypothétique éventualité n’est ni réaliste ni logique. La vérité cachée par toutes ces annonces spectaculaires est plus simple qu’on ne peut le deviner. Si de nombreux spécialistes ne doutent pas de la réalité des montants empruntés, ils s’interrogent en revanche sur l’idée que tout cet argent ait été effectivement investi dans la mine..

A l’évidence, la somme de 125 milliards de FCFA n’a pas été investie à Sabodala. Avec cette annonce, on peut d’ores et déjà dire que la situation économique actuelle du projet Sabodala posera d’énormes problèmes à terme. Car, le niveau de l’investissement est totalement injustifié, par rapport aux réserves d’or prouvées. Ce serait une première dans toute la sous-région ouest africaine. Jamais dans l’histoire des mines, telle que connue jusqu’ici dans cette partie de notre continent et ailleurs, un investissement n’aura attient 27% des dépenses globales déclarées par MDL, pour une réserve exploitable de 50 tonnes d’or. Un expert minier explique à cet égard : « dans la pratique, on étudie d’abord un gisement, on définit les réserves économiquement exploitables, on détermine par la suite le montant de l’investissement pour une bonne rentabilité. On ne se hasarde jamais à opérer autrement, à moins qu’on ne soit un amateur primaire. C’est la raison pour laquelle, des compagnies minières comme RED BACK Mining qui ont été bluffées et entrainées dans le projet Sabodala sont vite ressorties, en sentant le coup fourré ».

Après quelques années d’exploitation MMDL pourrait fermer la mine et prétexter de sa non rentabilité pour fermer boutique, car en définitive, cette société n’a supporté aucune charge d’exploration, encore moins de pré-exploitation car tout lui a été fourni sur un plateau d’or. Celle-ci serait d’autant plus encline à le faire que les banquiers qui ont prêté l’argent destiné à l’exploitation l’ont fait sur la base d’hypothèques posées sur la mine elle-même. C’est ce qui fait dire à certains spécialistes que c’est une véritable nébuleuse qui est tissée autour de la mine de Sabodala.

Que veut-on cacher ?

Lors des travaux de développement de leur projet, MDL avait recruté des techniciens sénégalais. Lorsque la production d’or a commencé, tous les Sénégalais qui occupaient certaines responsabilités ont été remerciés et remplacés par des Australiens ou des non Africains. La gestion du gold room qui est, certes, un poste sensible de toute exploitation d’or, mais qui en dehors d’un minimum de formation, ne demande aucune spécialité particulière sinon la discrétion et la droiture. Cette gestion est assurée par des ouvriers thaïlandais et philippins ou népalais. Les représentants de l’Etat du Sénégal dans la mine n’assistent qu’à l’enlèvement de l’or du site, mais ne savent pas ce qui se passe dans le gold room. Aussi, malgré l’existence d’entreprises de TP au Sénégal, tous les travaux de génie civil pour la construction de la base du processing plan, ont été confiés à une entreprise mauritanienne MCE.

Dans un accord signé entre l’Etat du Sénégal et MDL, caché aux Sénégalais, mais publié en bourse, compte tenu des exigences des places financières, le gouvernement du Sénégal a accepté que MDL, soit exonérée du paiement des droits de douane, de l’impôt sur les sociétés, ainsi que des taxes de toute nature. L’Etat a décidé avec l’entreprise australienne que celle-ci doit faire des investissements sociaux réalisés sur le site, mais que ceux-ci doivent être déduits des taxes ad valorem et royalties à payer au Trésor public. Les10% de participation gratuite de l’Etat ne seront pas rémunérés, jusqu’à l’amortissement total et définitif des montants initialement investis : 125 milliards. Voir à cet effet le communiqué publié sur son site par MDL le 24 janvier 2007 (ASX RELEASE – 24 JANUARY 2007 DOC2).

Par ailleurs, malgré tout ce qui a été annoncé sur le nombre d’emplois que le projet allait générer, MDL se glorifie aujourd’hui d’avoir réussi à engager une importante opération de réduction de son personnel et à freiner le rythme de croissance du nombre d’emplois créés, depuis sa mise en route. Actuellement le projet Sabodala fait travailler 460 employés dont 10% d’expatriés, voir (ASX/TSX RELEASE – 27 Avril 2009). MDL opère pour ce qui concerne certaines de ses activités dans une transparence avec ses actionnaires et avec tous ceux qui sont susceptibles d’être intéressés par le coût de son action en bourse.

Malgré le bruit organisé autour des nouvelles sociétés introduites par le pouvoir actuel dans le secteur aurifère, aucune d’elles n’a, à ce jour, découvert un seul gisement d’or. En effet, en dehors du petit gisement de Tomboronkoto découvert en 1999 par ASHANTI, le gisement de petite à moyenne taille de West Niamia découvert par SORED MINES en 2007 et le gros gisement de Massawa découvert par RANDGOLD en 2008, toutes les découvertes des gisements d’or connus à ce jour au Sénégal ont été faites avant 1980 par le BRGM ou la mission soviétique. Ce fait mérite d’être relevé. Toutes les informations données ici concernant MDL sont accessibles sur leur site (www.mineraldeposits.com.au) sous la rubrique « Press Release » (communiqué de presse) De telles informations émanent des propres documents de presse de MDL et sont disponibles à la bourse ou sur le site canadien http://www.sedar.com

source la gazette