Version anglaise ci-dessous.

http://www.cafod.org.uk/news/anglogold-2010-01-25

Un nouveau rapport soulève des interrogations quant aux bénéfices conférés aux communautés de la RDC par le projet minier d’AngloGold Ashanti

Alors que de longues négociations sur les octrois de contrats miniers touchent à leur fin en République démocratique du Congo, un nouveau rapport préparé conjointement par CAFOD, agence britannique de développement, la Bench Marks Foundation, observateur sud-africain de la responsabilité civile d’entreprise, et le Cadre de Concertation, organisation congolaise de la société civile, révèle les impacts environnementaux et sociaux que pourrait avoir la création d’une nouvelle mine sur les communautés locales.

Le rapport consacré aux propositions du géant minier multimillionnaire AngloGold Ashanti concernant le développement d’une mine d’or dans le District de l’Ituri, en RDC, soulève des interrogations quant aux bénéfices que conférerait cette mine à la population locale. L’Ituri abrite l’un des gisements aurifères les plus riches d’Afrique. Le rapport met en évidence des questions telles que le conflit, le consentement des communautés, la réinstallation et la responsabilité d’entreprise, questions auxquelles la compagnie minière se doit d’apporter une réponse pour s’assurer que son projet ait un impact positif net sur la région et ses communautés.

Des travaux de recherche commandités par CAFOD pour les besoins du rapport « Opportunité en or ou faux espoirs ? » révèlent les points suivants :

  • Une nouvelle mine industrielle à Mongbwalu, en Ituri, est susceptible d’entraîner le déplacement de milliers d’orpailleurs artisanaux à petite échelle, les privant ainsi, avec leurs familles, de la seule source de revenus viable. Nombre de ces orpailleurs ont autrefois combattu lors des guerres qui ont déchiré la RDC. D’après les estimations, 9 500 orpailleurs travailleraient à Mongbwalu et dans les environs, et plus de 100 000 sur l’intégralité de la zone visée par le bail. L’activité minière industrielle ne nécessite guère de main-d’œuvre et il est probable qu’AngloGold Ashanti n’emploiera qu’une part infime de la main-d’œuvre disponible dans la région locale.
  • Le projet minier porte sur une zone qui a été touchée par des conflits meurtriers, dans un pays où des millions d’individus ont été tués. Les combats ont été encouragés par la lutte pour les ressources minérales, et des groupes armés maintiennent encore une présence en Ituri, des centaines de troupes de la mission de maintien de la paix de l’ONU étant basées dans la capitale du District, Bunia. Il est à craindre que la présence de la mine ne provoque de nouveaux troubles parmi la communauté, dans une région congolaise déjà instable.
  • Les communautés locales n’ont reçu que des informations limitées sur les propositions minières d’AngloGold Ashanti et les impacts potentiels de cette mine sur leur mode de vie et leurs sources de revenu. La compagnie – le numéro trois de l’exploitation aurifère au monde – n’a à aucun moment cherché à obtenir le consentement de la population de Mongbwalu ou des zones environnantes. Ce manque d’information fait que l’on redoute de plus en plus la possibilité d’un déplacement de la population.
  • La demande d’autorisation déposée par AngloGold Ashanti pour exploiter l’or dans la région a récemment été renégociée dans le cadre d’un examen national des contrats. Ce nouveau contrat révèlera des informations importantes sur la mine et indiquera les responsabilités tant de la Compagnie Minière que du gouvernement. La population locale n’a pas été impliquée dans les discussions sur les modalités du nouveau contrat, bien que cela ait été demandé à plusieurs reprises par la communauté et CAFOD à la fois à AngloGold Ashanti, à l’OKIMO, la Compagnie Aurifère d’État, et au Gouvernement de la RDC. Le contrat d’AGA, avant d’être renégocié, n’avait jamais été publié dans son intégralité, et l’on ignore si le contrat nouvellement renégocié sera publié une fois finalisé.
  • L’exploitation minière est l’une des industries les plus nocives au monde pour l’environnement, générant des quantités considérables de déchets et employant des substances toxiques telles que le cyanure. Si elles font l’objet d’une réglementation et d’un entretien inadaptés, les substances chimiques issues des activités minières peuvent entraîner une pollution dévastatrice des cours d’eau, conduisant à la destruction de la biodiversité et des terres agricoles. AngloGold Ashanti n’a pas encore soumis le site minier proposé à une étude d’impact environnemental et social. La meilleure pratique consisterait à y veiller dans les plus brefs délais, d’autant plus que la région abrite une forêt équatoriale d’une riche biodiversité.

Sonya Maldar, analyste politique des questions relatives à l’industrie extractive de CAFOD, a déclaré : « La population de Mongbwalu en attend beaucoup de ce projet minier. Mais malgré des années de dialogue, AngloGold Ashanti ne répond toujours pas aux exigences clés de la communauté, et ne fait pas non plus preuve de transparence à l’égard de ses plans. Si l’on y ajoute les impacts sociaux et environnementaux considérables qu’aura cette mine, on peut s’attendre à toute une série de problèmes ayant trait aux relations communautaires. Notre rapport indique clairement les mesures que doit prendre AGA pour éviter un tel scénario. AngloGold Ashanti étant l’une des plus grosses compagnies aurifères au monde, il s’agit là pour elle d’une opportunité de démontrer à la population congolaise et à ses actionnaires qu’elle est en mesure de montrer le chemin à suivre en matière d’exploitation minière responsable. »

L’Abbé Alfred Buju, responsable de la Commission Justice et Paix du Diocèse de Bunia, est Co-coordinateur du Cadre de Concertation, le réseau local de la société civile, qui représente les préoccupations de la population locale par rapport au projet d’AngloGold Ashanti.

L’Abbé Alfred a déclaré : « Cela fait bien trop longtemps que la population de Mongbwalu ne reçoit aucune information sur le devenir de ce projet minier. L’examen des contrats étant désormais terminé, AngloGold Ashanti et le gouvernement ont maintenant la possibilité de prouver que la transparence leur tient à cœur. Il est primordial que la population de Mongbwalu comprenne les implications de ce vaste projet établi devant sa porte. »

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New report questions benefit of AngloGold Ashanti mine project to DRC communities

As protracted negotiations over mining contract awards draw to a close in the Democratic Republic of Congo, a new joint report by UK development agency CAFOD, South African CSR monitors Bench Marks Foundation, and DRC civil society organisation Cadre de Concertation reveals the potential environmental and social impacts of a new mine on local communities.

The report into proposals by multi-million dollar mining giant AngloGold Ashanti to develop a goldmine in the Ituri district of DRC, questions the benefit of the mine for local people. Ituri sits on one of the richest goldfields in Africa. The report highlights issues of conflict, community consent, displacement and corporate accountability that the mining company must address in order to ensure their project has a net positive impact on the area and its communities.

Research commissioned by CAFOD for ‘Golden Opportunity or False Hope?’ reveals:

  • A new industrial mine at Mongbwalu in Ituri is likely to lead to the displacement of thousands of small-scale artisanal miners, depriving them and their families of their only viable source of livelihood. Many of these workers are ex-combatants from DRC’s war-torn past. There are an estimated 9,500 miners working in and around Mongbwalu, with more than 100,000 on the full leased area. Industrial mining is not labour-intensive and AngloGold Ashanti is likely to employ a tiny fraction of the available workforce from in the local area.
  • The proposed mine is planned for an area that has seen bloody conflict, in a country where millions have been killed. Fighting has been driven by the struggle for mineral resources and armed groups still maintain a presence in Ituri, with hundreds of UN peacekeeping troops based in the district capital, Bunia. There are fears that the presence of the mine will provoke further community unrest in an unstable region of DRC.
  • Local communities have been given limited information regarding AngloGold Ashanti’s mine proposals and the possible impacts of the mine on their ways of life and livelihoods. At no time has the company – the third largest gold miner in the world – sought the consent of the people of Mongbwalu or the surrounding areas. This lack of information is leading to growing fear about displacement from their homes.
  • AngloGold Ashanti’s application for mining rights in the area has recently been renegotiated as part of a national review of contracts. This new contract will reveal important information about the mine and outline the responsibilities of both the mining company and the government. Despite repeated requests from the community and CAFOD to AngloGold Ashanti, state-owned mining company OKIMO and the DRC government, local people were not involved in discussions about the terms of the new contract. The AGA contract prior to renegotiation was never published in full and it is unclear whether the newly renegotiated contract will be published once it is finalised.
  • Mining is one of the most environmentally damaging industries in the world, creating huge amounts of waste and using toxic chemicals such as cyanide. If poorly regulated and maintained, the chemicals from a mine’s activities can result in devastating pollution of waterways, destroying biodiversity and agricultural land. AngloGold Ashanti has not yet carried out an environmental and social impact assessment of the proposed mine site. The area includes richly bio-diverse equatorial rainforest.

CAFOD’s extractives policy analyst Sonya Maldar said: “The people of Mongbwalu have such high expectations about what this mining project will bring. But despite years of dialogue, AngloGold Ashanti is still not responding to the community’s key demands, or being transparent about their plans for the project.  When combined with the enormous social and environmental impacts this mine will have, this is storing up a whole host of community relations problems for the future. Our report outlines clearly the steps AGA needs to take to avoid this scenario. As one of the biggest gold mining companies in the world this is a chance for AngloGold Ashanti to show the people of DRC and their shareholders that they can lead the way in responsible mining.”

Father Alfred Buju, head of the Justice and Peace Commission of Bunia Diocese is the joint-coordinator of local civil society network Cadre de Concertation which has been representing the concerns of local people about the AngloGold Ashanti project.

Abbe Alfred said: “For too long the people of Mongbwalu have been kept in the dark about the future of this mining project. With the conclusion of the contract review, AngloGold Ashanti and the government now have a chance to show they are serious about transparency. It is essential for the people of Mongbwalu to understand the implications of this vast project on their doorstep.”

Notes to editors

  • The new report ‘Golden Opportunity or False Hope?’ was funded by CAFOD and researched in partnership with the Bench Marks Foundation of South Africa and the Cadre de Concertation of Mongbwalu, DRC; it will be launched on January 25, 2010 at a press conference in Kinshasa, DRC. A copy of the report is attached.
  • CAFOD is the Catholic Agency for Overseas Development, working with communities in over 50 countries in Africa, Asia and Latin America, supporting people to find their own solutions to poverty. The agency works with all people regardless of race, gender, religion or nationality. www.cafod.org.uk
  • Bench Marks Foundation is an independent organisation monitoring corporate performance in the field of Corporate Social Responsibility (CSR) with the focus on social sustainability and economic empowerment. Central to Bench Marks’ agenda is how CSR is integrated into companies’ operations and ensuring that it is at the core of every decision making process.
  • Cadre de Concertation (CdC) is a network made up of representatives from local associations and community groups in the Ituri district of DRC. The CdC works to ensure that the exploitation of natural resources does not continue to be a source of conflict and poverty for the people of Ituri. It has been meeting with mining companies AngloGold Ashanti and OKIMO since 2006 to raise community concerns about the proposed mining project in Mongbwalu.

For interviews and further information about the launch press launch in Kinshasa please contact Pascale Palmer ppalmer@cafod.org.uk +44 7785 950 585