« L’Afrique possède cette capacité d’endosser toutes les institutions et de les vider de leur contenu. Et vous journalistes européens vous êtes si naïfs… Il n’y a pas de société civile au Sénégal, juste des politiciens qui avancent masqués car ils n’osent pas prendre leurs responsabilités » tels sont les propos du Président Wade lors d’une interview en France.

Ce n’est pas la première fois que Mr. Wade s’en prend aux Organisations de la Société Civile qu’il qualifie de partis politiques déguisés. Face au silence coupable de ces derniers, je suis tenté de donner du crédit à ces accusations choquantes.

Il n’y pas de définition standards de la Société Civile. Mais on peut s’accorder sur leur principal attribut d’indépendant vis à vis de l’Etat et des Partis Politiques. Elle regroupe donc les Mouvements Associatifs, Organisations Non Gouvernementales, Associations  Religieuses et enfin les Universitaires et Chercheurs. Leur diversité est fonction de leurs statuts et champ d’activités.

Selon la Banque Mondiale, les organisations de la société civile sont définies comme des institutions non gouvernementales à but non lucratif englobant un vaste ensemble d’organisations allant des ONG de développement et des groupes de réflexions aux syndicats, fondations, organisations confessionnelles, organisations des personnes handicapées, des organisations à base communautaire, aux médias (indépendants et à but non lucratif) et associations d’hommes d’affaires.

L’évolution de la Société Civile a conduit l’Union Européenne à définir le nouveau concept d’Acteurs Non Etatiques dans les Accords de Cotonou de 2000. Les ANE sont composés en plus des OSC traditionnelles, les Associations Socioprofessionnelles, les Associations d’Elus, le Secteur Privé, les Syndicats.

Dans toutes les démocraties du monde, la Société Civile jouit d’une forte considération en tant que force de proposition et même dans certains cas, elle se positionne comme un contre pouvoir aussi bien au niveau national qu’au niveau international où elle participe aux côtés des Gouvernements, aux Accords latéraux et multilatéraux (Le sommet sur les Accords sur le Climat à Copenhague est le plus récent exemple).

  1. Mais pourquoi donc la Société Civile n’a pas cette considération au Sénégal?
  2. Le manque de considération du Pouvoir vis à vis de la Société Civile est elle justifié?
  3. Le rapport Pouvoir/Société Civile au Sénégal est il profitable à la promotion de la Démocratie?
  4. La Société Civile est elle enfin irréprochable?

A suivre…

Aly Sagne, LSD BP: 279, Fatick Sénégal.