Participants en plénière

L’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI) vient d’organiser un atelier d’une journée avec l’ensemble des parties prenantes, ce mercredi 15 septembre 2010 à Kédougou. A travers  une approche inclusive et multi acteurs pour le développement d’un Plan d’Action Stratégique National, destiné à gérer les problèmes liés à l’utilisation de mercure dans le domaine de l’orpaillage et des mines d’or à petite échelle.

Participants en travaux de groupe

En effet, étaient représentés à cette importante rencontre :

  • La Direction des Mines et de la Géologie ;
  • La Direction de l’Environnement et des Etablissements Classées ;
  • Le Comité National de Lutte Contre le Sida (et Family Health International) ;
  • L’Agence Régionale de Développement ;
  • Les Présidents de Conseils Ruraux de Missira Sirimana et de Khossanto ;
  • Quatre Représentants de GIE d’orpailleurs ;
  • L’ONG La Lumière ;
  • L’Association KEOH ;
  • Le Projet USAID/WULA NAFAA ;
  • Le Chef de Projet de Black Smith Institute;
  • Le Représentant du Projet PASMI (Projet d’Appui au Secteur Minier );
  • L’Expert en orpaillage de l’ONUDI.

Ce processus est mis en œuvre en collaboration avec les contreparties nationales représentées par la Direction des Mines et de la Géologie (DMG) et la Direction de l’Environnement et des Établissement Classés du Ministère de l’environnement (DEEC)

Cérémonie d'ouverture de l'atelier

L’atelier a été ouvert par Mr. Lamine Sy, Chef de Service Régional des Mines et de la Géologie de Kédougou, en présence de sa collègue de la Division Régionale de l’Environnement, du Coordonnateur Régional du CNLS et de FHI et de l’Expert de l’ONUDI.

Dans son allocution, M. Sy a rappeler les acquis du très récent projet de son Ministère à savoir le PASMI. Il a également insisté sur le renforcement de la formalisation et de l’encadrement du secteur de l’orpaillage. Ceci permettra d’améliorer leurs conditions de travail et de mieux gérer les impacts du mercure sur leur santé et sur l’environnement.

L’exploitation artisanale de l’or constitue une activité séculaire dans les communautés minières comme celles de la région de Kédougou.

Orpailleurs en route vers le désormais célèbre Dioura de Bantako

En effet, de la même manière que le Guet Ndarien de Saint Louis se dirige chaque matin vers la mer pour espérer trouver du poisson, le Malinké de Douta ou de Sabodala se lève tôt le matin pour aller piocher dans les Diouras (sites d’orpaillage), en espérant trouver quelque grammes d’or pour se faire des revenus. Ou bien tout simplement pour faire bouillir la marmite car, il s’agit de communautés pauvres et très vulnérables où plus de 40% des ménages sont pauvres.

Orpailleurs en action à Bantako

Estimés entre 30 000 et 50 000 personnes, les orpailleurs de la région de Kédougou produisent environ 1 tonne de métal précieux par année, une véritable activité lucrative ayant un impact direct sur l’économie locale, donc une contribution inestimable dans la lutte contre la pauvreté.

Face à l’explosion du prix de l’once d’or depuis ces dix dernières années (250 US $ en 2001 contre presque 1 300 US$ aujourd’hui), cette activité est entrain de connaître une intensification dramatique : le site de Bantako dans la Communauté Rurale de Tomboronkoto est actuellement peuplé de 7 000 âmes, de diverses nationalités !

Cependant, les méthodes actuellement utilisées par ces orpailleurs font appel pour l’essentiel à l’amalgamation par le mercure. Ce procédé est certes efficace en terme d’augmentation des rendements et par ricochet des revenus des communautés minières, mais à quel prix ?

En effet, le mercure est reconnu comme un produit chimique persistant et dangereux pour la santé et l’environnement. Durant l’atelier les orpailleurs ont confirmé les constats de malformations observées chez les nouveaux nés dans la zone de Tomboronkoto. La situation est préoccupante, les communautés minières en sont conscientes aujourd’hui, grâce aux actions de sensibilisation d’ONG et de projet comme Black Smith Institute et USAID/Wula Nafaa.

L’ONUDI travail depuis plus de 15 ans sur l’orpaillage et elle s’est fixée comme objectif dans le cadre du Partenariat Mondiale sur le Mercure, de réduire de 50% la demande en mercure dans l’exploitation minière artisanale et des mines d’or à petite échelle d’ici 2017.

Ce processus de planification sur le mercure dans l’orpaillage va donc s’achever en novembre prochain, avec un autre atelier de validation du Plan d’Action Stratégique National par les mêmes acteurs de cette rencontre le 25 octobre 2010.

Cette initiative se déroule en même temps dans la sous région, donc à termes, L’ONUDI envisage de mettre en place un projet sous régional pour la réduction des effets et impacts du mercure dans l’orpaillage.

Aly SAGNE