Source: http://www.sudonline.sn/les-africains-sont-perdants-du-fait-des-contrats-leonins_a_4372.html

Les opportunités qu’offre la flambée les prix des matières premières comme l’or, passent sous le nez des pays africains. C’est la conséquence des politiques minières « passives » mises en œuvre à travers le continent, selon le ministre sénégalais en charge des Mines, ce vendredi 12 août à l’Idep (Institut pour le développement économique et la planification).

« Si la flambée des prix des matières premières (notamment l’or qui a atteint ce jeudi 11 août 2011, le prix record de 1750,46 dollars Us l’once) fournit une occasion exceptionnelle aux pays africains dotés de ressources minières de bénéficier de la manne provenant de l’essor des prix, en réalité la plupart des pays africains sont perdants ». La remarque a été faite par le ministre d’Etat en charge des Mines. C’était à l’occasion de la clôture de la session de formation que l’Idep (Institut pour le développement économique et la planification) a organisée à Dakar et qui portait sur les cours intitulés «Politique minière et négociations contractuelles » et « Formulation et gestion de politique industrielle ».

Cette remarque de M. Abdoulaye Baldé illustre le fait que, malgré qu’elle bénéficie de ressources naturelles suffisantes, l’Afrique n’en tire pas profit. Pour le ministre des Mines, « les pays africains sont perdants en raison des contrats léonins qui ont pendant longtemps caractérisé ce secteur. Ils sont perdants en raison des politiques minières passives qui ont été pendant longtemps mise en œuvre. Ils sont perdants du fait des termes contractuels et des arrangements fiscaux défavorables ».

A son avis, « les pays africains sont perdants en raison de la faiblesse des capacités de négociations contractuelles de nos Etats et de leurs représentants ». Par rapport à cette dernière remarque, a-t-il considéré, « il est aujourd’hui pour nos Etats plus qu’urgent de former des techniciens rompus aux méthodes de négociations des grands contrats internationaux ». Il a ainsi estimé que cette session de l’Idep en est une « très bonne occasion, j’en suis convaincu ». Avant d’indiquer que « l’urgence s’adresse aussi et surtout aux gouvernants africains qui doivent prendre leur responsabilité face aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs qu’impliquent les politiques minières ».

M. Baldé de rappeler que « la ressource minière est par nature épuisable, sa gestion requiert un sens très élevé des responsabilités par rapport aux générations actuelles et futures. Malgré les limites objectives de nos politiques, quelques tentatives de réforme visant le secteur minier en Afrique ont été initiées et sont en cours ».