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Dans les politiques industrielles et minières, l’Afrique est encore à la traîne. Conséquences : elle ne tire pas tous les profits de ses ressources. Pour y remédier, des cadres venus de 44 pays ont suivi une formation en Politique minière et négociations contractuelles, et  en Formulation et gestion de politique industrielle en Afrique, à l’Idep. Le prix de l’or a atteint les 1 700 dollars l’once, mais cela n’a pas d’impact sur les pays africains producteurs de ce minerai. Au terme des dernières négociations, l’or africain s’échangeait entre 600 et 700 dollars l’once. Ce qui constitue d’après le ministre, «un gap énorme, une perte considérable pour les sociétés et communautés africaines». Pour étayer ses propos, il avance : «En Afrique, les résultats continuent d’être médiocres. Avec 54 milliards de dollars Us en 2009, l’Afrique représente moins de 1% de la valeur ajouté manufacturière mondiale.» Il ne manque pas de préciser que si on exclut l’Afrique du Sud de ce lot, les pays d’Afrique subsaharienne ne représentent que 0,38% de la valeur ajoutée manufacturière mondiale en 2009, soit une progression insignifiante par rapport à 2005 qui affichait 0,31%. Ainsi pour améliorer la compétitivité des industries et aider les entreprises en difficulté à retrouver une bonne santé, il est mis en place des programmes de remise à niveau des industries.

«Pour l’Uemoa, la phase de déploiement va démarrer en janvier 2011 pour un budget global de 20 milliards, après avoir terminé une phase pilote adressée à 120 entreprises. Cette phase de déploiement va porter sur un portefeuille de 300 entreprises con­cernées par les deux guichets restructuration et mise à ni­veau», annonce Abdoulaye Baldé.

Pour permettre à différents pays d’Afrique de pouvoir peser dans la négociation de leur politique industrielle, l’Idep a participé à la formation de cadres de 44 pays africains. Il s’agissait pour eux, de renforcer leurs capacités en matière de «politique minière et négociations contractuelles», et en «formulation et gestion de politique industrielle en Afrique». Ils ont reçu leur attestation hier, en présence du ministre Abdoulaye Baldé, chargé de l’Industrie, des Mines, de la Transformation alimentaire des produits agricoles, ainsi que des Pme. Ce dernier a d’ailleurs affirmé que la plupart des politiques industrielles de nos pays ont atteint leurs limites. Il estime qu’il est nécessaire de les reformuler en mettant en place «des politiques et législations minières coordonnées et harmonisées pour que l’Afrique puisse tirer profit de ses ressources».

D’après le directeur de l’Idep, le Professeur Adebayo Olukoshi, les deux sessions de formation devront remédier à cela. Car, en plus de tirer plus des ressources de l’Afrique, de renforcer les liens entre le secteur minier et les autres secteurs de l’économie, elles devraient permettre de renforcer l’impact de l’activité minière sur l’économie africaine. Il a rappelé que les chefs d’Etat de l’Afrique de l’ouest ont adopté une politique minière panafricaine, qui coordonne les politiques à l’échelle continentale, afin d’éviter des compétitions inutiles pour assurer les investissements.

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