Source : http://www.lequotidien.sn/index.php?option=com_content&view=article&id=3757:industrie-abdoulaye-balde-confirme-le-divorce–arcelor-mittal-se-prepare-a-plier-bagages&catid=38:economie&Itemid=55

Samedi, 22 Octobre 2011 12:34 Par Moussa Seydou DIALLO Correspondant

Après des mois de tergiversation, le gouvernement a fini par accepter le fait qu’Arcelor Mittal ne peut pas lui apporter ce qu’il souhaitait. Les deux parties sont en procédure de divorce. Les relations entre la multinationale Arcelor Mittal et l’Etat du Sénégal ne sont plus au beau fixe. Pour cause, la compagnie minière qui devait ex­ploiter le fer du Falémé dans le département de Saraya, n’a pu res­pecter les closes du contrat qui la liait à L’Etat du Sénégal. Cela fait suite à la crise financière de 2008 et celle de l’automobile qui ont frappé de plein fouet la multinationale. Ce qui a entraîné un ralentissement de ses activités dans la région. Ce­pendant, elle a quand même maintenu son programme social au profit des populations. Ce qui est loin d’être suffisant, pour l’Etat du Sénégal.

Les autorités, qui avaient nourri beaucoup d’espoir sur les retombées de l’implantation de la multinationale ont été contraintes d’enclencher une procédure de divorce avec le numéro un mondial dans la sidérurgie. Le ministre Abdoulaye Baldé a expliqué à Kédougou : «Il y a des dispositions juridiques et règlementaires qui nous liaient à Arcelor Mittal. Nous sommes dans une procédure de rupture. C’est évident. Parce que les procédures contractuelles qui avaient été enclenchées depuis 2007 n’ont pas trouvé d’application sur le terrain.»

Dans cette logique, il explique : «Nous nous sommes rendu compte que le projet qui devait être exécuté depuis longtemps au profit des populations, aurait généré aujourd’hui plus de 20 000 emplois. Mais rien n’a été fait.» Le ministre d’Etat ministre des Mines indique, que c’est pourquoi le chef de l’Etat lui a donné pour instructions d’entamer les procédures juridiques et règlementaires nécessaires pour mettre un terme à cette collaboration entre l’Etat du Sénégal et Arcelor Mittal.

Cette rupture intervient contre le souhait des populations de la région de Kédougou, particulièrement celles du département de Saraya qui abritait la compagnie minière. Arcelor Mittal avait fini par gagner le cœur des populations par sa politique sociale et son esprit d’écoute quant aux préoccupations des populations. Mais aussi, par les actes qu’elle a posés en peu de temps, malgré la crise. Mécontent, le maire de Saraya, Ngouda Soumaré de déclarer : «Les populations locales ne bénéficient pas des retombées de l’exploitation minière à Kédougou. Il ne faut pas qu’on se voile la face. 80% des mines de Kédougou se trouvent dans mon département. Il faut que je parle. Parce que c’est moi qui suis dans les problèmes. Le fonds social minier dont on parle, on ne l’a pas vu.»
Il s’indigne : «Mittal avait commencé à faire de grandes choses, comme le marché de Saraya, ou le terrain de foot des jeunes. Mais, ce que je viens d’entendre signifie qu’ils en ont fini avec le Sénégal. Ils vont plier bagages. C’est déplorable parce qu’on avait beaucoup d’espoir avec cette société. Et avant qu’un autre projet ne vienne signer une convention avec l’Etat du Sénégal, et le temps de descendre ensuite sur le terrain, du temps va s’écouler. Cela va beaucoup retarder nos réalisations.»

Quoi qu’il en soit, on peut croire que c’est la compagnie sud-africaine Kumba Ressources, qui avait été éjectée de ce projet sans ménagement, au profit d’Arcelor Mittal, qui doit bien rire à ce jour, des malheurs des deux partenaires.

msdiallo@lequotidien.sn