RÉSUMÉ ANALYTIQUE

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Lorsqu’un berger qui tire sa subsistance de ses animaux déclare que la sécheresse a tué 75 % de son troupeau et les inondations ont décimé les 25 % restants, la dimension humaine du changement climatique devient nettement claire sur un continent où les économies sont lourdement tributaires de l’agriculture pluviale, et où un nombre croissant de sécheresses et d’inondations de plus en plus graves menacent la production et la sécurité alimentaire. Le changement climatique épuise les ressources naturelles renouvelables de l’Afrique : les sols, l’eau et les forêts. Les effets des changements climatiques sont en outre exacerbés par une croissance démographique rapide, qui entraîne une augmentation de la demande des ressources naturelles. La rareté croissante de l’eau, en particulier sur un continent où beaucoup de plans d’eau traversent les frontières nationales, invoque le spectre d’un autre conflit. Lorsque la fertilité du sol diminue, l’on défriche les forêts pour accroître l’activité agricole ; quand l’agriculture est moins productive, les centres urbains deviennent plus attrayants. Lorsque la densité urbaine s’accroît plus rapidement que les services sociaux et les infrastructures (approvisionnement en eau, assainissement et gestion des déchets), il en découle non pas la prospérité, mais la pauvreté et la maladie. Les perspectives de prospérité sont réduites pour les millions d’Africains qui vivent avec moins de deux dollars par jour.
Le changement climatique est un problème de développement. Il modifie la conception traditionnelle du développement et entraîne des coûts élevés. Sur le continent africain qui contribue relativement peu aux émissions de gaz à effet de serre (GES) et où la plupart des économies reposent sur l’agriculture pluviale, les conséquences de fréquentes et graves sécheresses et inondations sont assez sérieuses pour compromettre les efforts de développement et réduire à néant les progrès accomplis jusqu’ici. Une faible production agricole conjuguée à l’accroissement des prix alimentaires fait surgir par ailleurs le spectre de pénuries alimentaires. Cette situation, ajoutée à l’épuisement des ressources hydriques, assombrit considérablement les perspectives futures de la plupart des Africains. D’après les estimations, les coûts économiques du changement climatique en Afrique correspondent à 1,5 à 3 % du produit intérieur brut annuel du continent jusqu’en 2030, soit un taux beaucoup plus élevé que celui des autres régions du monde (Stockholm Environment Institute, 2009).
La Banque africaine de développement (BAD) a conçu un Plan d’action sur le changement climatique (CCAP) couvrant la période 2011-2015 et destiné à aider ses pays membres régionaux (PMR) à s’adapter au changement climatique et à atténuer les effets de celui-ci, tout en appuyant l’accent mis par la Banque sur l’aménagement des infrastructures et les opérations régionales. Le CCAP s’articule autour de trois piliers — le développement à faible intensité de carbone, le développement à l’épreuve du changement climatique et la création d’un instrument de financement — pour aider les pays africains à renforcer leur capacité de faire face à l’évolution du climat et à mobiliser des ressources auprès des sources existantes et proposées de financement des interventions climatiques, du secteur privé et des mécanismes du marché. Le CCAP prévoit par ailleurs la fourniture de services consultatifs, l’appui aux réformes stratégiques, la création du savoir et le renforcement de compétences, qui transcendent tous les programmes (encadré 1). Le CCAP s’aligne sur les différentes stratégies déjà existantes et va prendre en considération les questions soulevées dans la Stratégie à Long Terme en cours d’élaboration, plus particulièrement celles relatives à la croissance verte.
La Banque a l’intention d’investir jusqu’à 6 milliards d’unités de comptes entre 2011 et 2015 pour atteindre les objectifs du CCAP. Les ressources devraient provenir du FAD-12 et de la Sixième augmentation générale du capital de la Banque, des fonds fiduciaires bilatéraux et des instruments existants ou nouveaux de financement des interventions climatiques, notamment les Fonds d’investissement climatiques, le Fonds pour l’environnement mondial, le Fonds forestier du bassin du Congo et le Fonds spécial ClimDev-Afrique. La Banque a la possibilité d’augmenter davantage ses investissements grâce à une utilisation plus rationalisée et efficiente de ses facilités déjà existantes.
Les financements actuels liés à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ainsi que ceux provenant d’autres sources sont jugés de loin inférieurs aux besoins réels de l’Afrique. De tous les fonds climatiques mondiaux décaissés au cours des quatre dernières années, la part de l’Afrique s’élevait à 12 %, soit environ 700 millions de dollars pour le financement de tous les projets. En outre, ce financement repose principalement sur des contributions volontaires ; il existe un écart énorme entre les fonds requis et ceux qui sont mis à la disposition de l’Afrique. Selon les estimations, les financements requis pour s’attaquer au problème de l’adaptation se situent entre 10 et 20 milliards de dollars, mais les flux vers l’Afrique se chiffrent entre 50 et 100 millions de dollars seulement (Panel sur les progrès en Afrique, 2010).