Source: http://www.walf-groupe.com/actualites/economie/7851–mines-industries-extractives–en-route-vers-la-transparence-.html

Jeudi, 27 Septembre 2012 13:46

 

Après avoir mobilisé la société civile en août dernier, le gouvernement engage la réflexion avec les acteurs du secteur minier pour accélérer le processus d’adhésion du pays à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie).

Après la revue annoncée des conventions minières, le gouvernement accélère le processus d’adhésion du Sénégal à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) qui vise à améliorer la transparence des revenus versés par les entreprises pétrolières, minières et gazières aux gouvernements. Déclenché depuis le 02 février 2012, le processus suit son cours et devrait arriver à son terme en 2014. Après la mise en place de la coalition des organisations de la société civile, maillon essentiel du comité tripartite qui sera chargé de piloter l’adhésion, l’Etat est en train de former ses acteurs. Le ministère de l’Energie et des Mines organise depuis une concertation à cet effet.  En prônant la publication et la vérification de tous les paiements effectués par les entreprises ou compagnies extractives et de toutes les recettes publiques provenant de l’exploitation de ces ressources, l’Itie veut améliorer la transparence et la traçabilité des revenus générés par ces industries et en faire des outils favorables à la réduction de la pauvreté et à la stimulation de la croissance économique.

Connaissant un développement croissant depuis une décennie, le secteur minier sénégalais dispose de potentialités énormes qui suscitent la convoitise de nombreuses sociétés d’exploitation. Plus de 20 permis ont été délivrés pour l’exploitation de l’or. Mais, seules des miettes reviennent à l’Etat au moment où les compagnies minières se taillent la part du lion alors qu’une meilleure répartition des retombées des industries extractives pourrait contribuer de manière significative à la croissance économique, à la création d’emploi et à l’épanouissement des communautés locales. Demba Baldé, représentant par intérim de la Banque mondiale au Sénégal, estime que ce «paradoxe des ressources naturelles» est une réalité dans certains pays où l’exploitation de celles-ci ne mène pas nécessairement au développement et peut même, dans certains cas, engendrer des conflits. Il pense qu’un développement sain du secteur implique un environnement favorable pour les investissements. «Il est crucial que les règles et les institutions soient claires et que des processus transparents soient mis en place afin d’attirer des investisseurs responsables dans les industries extractives», recommande-t-il.

Selon Baldé, des efforts de transparence doivent être consentis tout au long de la chaîne de valeurs des industries extractives, c’est-à-dire de l’attribution des permis miniers à la répartition et l’utilisation des revenus au niveau local. «Il est fondamental que les ressources générées par l’exploitation des ressources minérales profitent de manière durable et équitable aux pays et à leurs citoyens», soutient Baldé. Non sans souligner que l’itie représente une opportunité d’encadrer le développement du secteur des industries extractives dans un souci de transparence et de traçabilité toujours accrue.Cette initiative lancée par l’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, compte, selon l’expert de la Banque mondiale, 36 pays membres dont 15 ont obtenu le statut. 15 autres sont proches de la validation et 6 sont en train de produire leur premier rapport de conciliation des données. A ces pays, s’ajoutent 29 nouveaux, comme le Sénégal présentement, qui sont soit candidats, soit en discussion avec le Secrétariat international pour valider leur candidature.

Seyni DIOP