Le 23 novembre 2012

Par Aly Sagne

  Dalakoye, village d’orpailleurs (artisans miniers) à l’Ouest de Mako situé sur la route nationale N°7 (environ 45 Km de Kédougou) a reçu ce matin la visite des responsables du Centre Conseil Ado de Kédougou, une structure étatique qui offre un paquet de services aux adolescents dans les domaines de la santé de la reproduction, mais également sur les questions relatives aux IST/SIDA.

Mobilisation autour de l’Unité mobile de dépistage du CNLS

Deux véhicules 4X4 et une unité mobile de dépistage ont été mobilisés par le Centre Ado pour mener une sensibilsation et des dépistages du VIH/SIDA dans la zone.

Intérrogé sur le contexte de cette activité, le Coordonnateur du Centre a souligné que:

M. Mansour Guèye Coordonnateur Centre Conseil Ado de Kédougou

 » cette campagne s’inscrit dans les activités financées par le Conseil National de Lutte Contre le Sida (CNLS) qui, chaque fin d’année, déroule cette campagne durant 3 jours, dans toutes les régions du Sénégal. Cette année nous avons démarré nos activités à Fongolimbi le 22 novembre.« 

Tout le village s’est mobilisé pour la circonstance: hommes, femmes, enfants et personnes âgées. déjà à 13 H, plus de 150 personnes ont été dépistées, pour un objectif de 100!

Pour apprécier cette performance, il est important de souligner les différentes formes de résistances des populations dans ces milieux où les tabous sur la maladie, sur les prises de sang, mais également la peur des aiguilles, etc. sont tant d’obstacles pour la lutte contre le VIH.

 » Ce genre d’actions mérite d’être organisées plus fréquement dans ces zones minières, dira le Coordonnateur Mansour Guèye, parceque d’abord, le taux de prévalence du Sida est élevé par rapport à la moyenne nationale (1,7 % contre 0,7%); Mais d’autre part de par sa situation frontalière , l’existence de zones d’exploitation minière, et le passage des routiers sur le corridor de la Falémé depuis quelques mois, Kédougou doit faire l’objet d’une discrimination positive relativement à l’intervention des partenaires.« 

Fally Camara-Président de la Communauté Rurale de Tomboronkoto

Le Président de la Communauté Rurale qui, lui aussi était présent sur les lieux a abondé dans le même sens:  » Si l’on considère Dalakoye ou la Communauté Rurale de par sa population, la mobilisation de tous ces moyens par le CNLS ne saurait se justifier. Donc ce geste est très important pour notre communauté, en ce sens que l’attention des partenaires sur cette zone est très forte! Nous sollicitons plus de programmes de sensibilisation sur le Sida dans la Communauté Rurale de Tomboronkoto! »« 

Pour notre part, ceci est une avancée extrêment importante. En effet, lorsqu’en 2005 nous tirions l’alarme sur « les points chauds » des zones aurifères, peu de partenaires et même l’Etat ne se pressaient pas pour prendre à bras le corps ctte pandémie dans ces commuanutés vulnérables. Il y a certes des progrès notables, mais des efforts restent à faire; la zone est frontalière à 2 pays voisins et les zones aurifères regorgent de migrants aux pratiques sexuelles à risque.

Pour l’instant, cette campagne bat son plein, le Centre Ado envisage se déployer vers Saraya le 24 novembre.