Aly Sagne, Président de LUmière Synergie pour le Développement

Aly Sagne, Président de Lumière Synergie pour le Développement

A quelques mois de la fin du Projet d’Appui à la Petite Irrigation Locale (PAPIL) financé par  la Banque Africaine de Développement (BAD), Lumière Synergie pour le Développement  a organisé une restitution des résultats des enquêtes de perception sur les actions de ce projet  dans les villages de Boyar et Loul Séssène, avec l’appui de Both Ends /Netherlands.

L’objectif principal de cette étude était de mettre en évidence les impacts positifs et négatifs du projet sur les communautés et de faire des recommandations pertinentes à la BAD et aux Autorités Compétentes, afin de promouvoir la durabilité dans les actions de la BAD.

L’atelier avait pour objectif de partager les résultats provisoires de l’étude avec les parties prenantes, de sucsiter une interaction ‘’multiacteurs’’ sur les conclusions  entre celles-ci et recueillir leurs observations et critiques.

La présentation de l’étude

Cérémonie d'ouverture présidée par le Gouverneur de région

Cérémonie d’ouverture présidée par le Gouverneur de région

L’étude intitulée « «Teen Fogum » terme serrère (dialecte locale) qui signifie « çà me concerne »,  s’est déroulée du 19 février au 11 avril 2013 et a été menée en interrogeant 40  producteurs membres d’Organisations de Producteurs (OP) de la zone (Mbin Jam /Mboyar et Jeg Jal Salane /Loul Séssène), principales bénéficiaires du projet.

La présentation a mis en évidence des aspects positifs sur l’encadrement de ces OP, des impacts positifs sur l’agriculture (notammment la culture du riz), l’environnement, le développement local de façon générale.

D’autre part, elle a également cité des contraintes dans le fonctionnement des OP (gouvernance et aspect genre), le développement de la riziculture (envaillissement du riz sauvage, maîtrise de l’eau, acccès aux intrants, etc.). Mais l’étude a surtout révélé des « enjeux de pouvoirs » entre les OP et le Conseil Rural, des sources de conflits potentiels sur la gestion du foncier, notamment la gestion des vallées récuppérées grâce aux aménagemengts du PAPIL. Aussi, la sécurité foncière qui n’est pas assurée aux exploitants freine les intentions d’investissements des producteurs. Malgré tout, la production permet aux ménages d’assurer entre 6 et 10 mois de vivres et les populations demandent l’extension des surfaces emblavables.

Les débats

Représentant OP Mboyard

Représentant OP Mboyard

La modération des débats a été assurée par le représentant du Forum Civil qui a  procédé à une brève synthèse de la présentation permettant ainsi de lancer les débats.

Ainsi, le représentant du PAPIL a dans son intervention, apporté des précisions et des éclaircissements sur les résultats de l’étude. Ainsi, il a tenu à préciser que le PAPIL est une réponse des pouvoirs publics a la lancinante question de la maîtrise des eaux de ruissellement suite aux différentes initiatives infructueuses des barrages qui dépassent le niveau communautaire. Pour l’intervention du projet à Fatick dit-il, l’accent a été mis sur la lutte anti sel avec comme site test des stratégies d’intervention du PAPIL la vallée de Mboyard. Il a ensuite décliné les différentes missions des OP qui sont épaulées par les operateurs de proximité. Il a enfin conseillé à L’ONG de se rapprocher des services techniques compétents (DRDR ou Antenne régionale du PAPIL), afin de disposer des statistiques officielles (fiables) en matière de production.

Dans son intervention, Mr. Le  Gouverneur a d’abord félicité le Président de LSD pour la qualité des résultats de l’étude. Cependant, il a souligne quelques préoccupations : l’absence de références sur les volumes des investissements et la situation de référence d’avant intervention du projet.

Quant au représentant du PCR de Loul Sessene, il a remercié le PAPIL et l’ONG LSD et a exprimer toute la pertinence des interventions du PAPIL. Il a souhaité en outre l’extension des surfaces exploitables parce que les aménagements contribuent à changer beaucoup d’habitudes dans  la zone.

Mme le Préfet du département de Fatick s’est associée aux remerciements et encouragements à l’ endroit du PAPIL et de l’ONG LSD et a demandé aux autres ONG de la région de s’inspirer de cette action de LSD. Elle a aussi réaffirmé le principe du contrôle de légalité assuré par l’autorité administrative en matière de gestion foncière, ce qui limite les éventuels abus que l’autorité locale. Enfin, elle a enfin plaidé pour une parité au sein des instances des OP.

Représentants d'OP/Loul

Représentants d’OP/Loul

La question des producteurs n’ayant pas été consulté lors de l’enquête (seules 2 personnes des enquêtées n’avaient pas reçu de parcellles) a été posé le eprésentant du CADL.

Les représentants des OP ont tous salué l’initiative de l’ONG et appuyé les actions du PAPIL. D’autre part, les rapports entre OP et Conseil Rural ont été soulevé et la question de la sécurité foncière

En définitive, cette dernière a occupé une majeure partie des débats, quoique cela ait été relativisé par  quelques particpants dont les représentants du PAPIL, affirmant que ces conflits n’ont jamais  entravé la bonne marche de l’exploitation des vallées. D’autre part, le projet commandite toujours des études socio économiques avantde faire des interventions a indiqué le représentant du PAPIL.

Clôture de l’atelier

Dans son allocution de clôture, le Président de LSD a rappelé que le rapport final sera partagé avec l’ensemble des parties prenantes et servira d’outil de plaidoyer au niveau de la BAD, d’autres institutions financières internationales, mais aussi un outil d’aide a la décision pour les pouvoirs publics.

Mr le Gouverneur a enfin remercié tous les participants de leur présence et confirmera à son tour que les objectifs de l’atelier étaient bien atteints. Il a en outre suggéré au Président de LSD d’intégrer toutes les recommandations et conseils émis au cours de l’atelier et a réitéré tous ses encouragements a l’endroit de LSD pour son initiative et souhaite que les autres ONG en fassent autant.

C’est après ces mots qu’il a déclaré clos l’atelier de restitution des enquêtes de perception sur les interventions du PAPIL dans Communauté Rurale de Loul Sessene.

La région de Fatick

La région de Fatick est une jeune région rurale (taux d’urbanisation de 12,6 %) dont l’activité économique repose essentiellement sur l’agriculture, l’élevage et la pêche. La région se trouve dans une situation de déclin depuis plusieurs décénnies : baisse du niveau de revenu des ménages, taux de pauvreté élevé (46,3 % en 2002).

En effet, les cycles de sécheresses dans les années 70 ont entraîné la chute de la production arachidière et la réduction de la production et des rendements des autres spéculations (riz, mil, sorgho,…).

D’autre part, la situation écologique de la région est marquée par une tendance générale de dégradation des ressources naturelles du fait de l’effet combiné de facteurs anthropiques et naturels.

Des contraintes de divers ordres font ainsi obstacles à l’émergeance économique de la région persitent toujours :

  • Poussée de la salinisation des terres ;
  • Dégradation des resources végétales ;
  • Occupation anarchique des zones sensibles (zones côtières et touristiques) ;
  • Manque de moyens (humains, financiers et logistiques) au niveau local ;
  • Croissance urbaine et rurale non maîtrisée ;
  • Compétittion entre agriculture et urbanisation.

En réponse à ces contraintes au développement, le gouvernement du Sénégal a initié d’importants projets de lutte  contre la pauvreté grâce à l’appui des bailleurs de fonds. Le PAPIL, un des instruments de développement économique et social du gouvernement est l’une de ces réponses.

Sur le PAPIL

Tableau signal de la digue antisel de OYEWE

Tableau signal de la digue antisel de OYEWE

Le PAPIL intervient dans quatre régions : Fatick, Kédougou, Kolda et Tambacounda.

Il est financé, par la Banque Africaine de Développement (BAD) à travers un prêt initial FAD de 22,2 millions de dollars EU, clôturé en décembre 2011, et un prêt supplémentaire d’un montant de 13 millions de dollars EU, qui se clôturera en décembre 2013. Depuis 2011, la Banque islamique de développement (BID) participe aussi au financement du projet par un prêt d’un montant de 14,47 millions de dollars EU.

Quelques réalisatiojns du  PAPIL

Quelques réalisatiojns du PAPIL

Le PAPIL, s’était engagé à réaliser les activités suivantes :

  • Mise en valeur de plus d’une centaine de petits ouvrages et aménagements de maîtrise des eaux de ruissellement (micro-barrages, seuils, mares, bas-fonds, micro-périmètres, etc.),
  • Régénération de terres dégradées,
  • Amélioration des conditions de vie des populations concernées,
    • Accompagnement en appui conseil et en réalisation d’infrastructures socioéconomiques de base.

NB : Lumiere Synergie pour le Développement (LSD) est membre de la Coalition des OSC africaines sur la BAD, plateforme africaine d’ONG partenaire de la BAD depuis 2009. Ces activités tournent autour de la recherche, le palidoyer/lobbying et le monitoring des opérations de la BAD.