Sabodala-18 août 2013

Source: http://xibaaru.com/sabodala-se-rebelle-contre-letat/

Sara Cissokho- Chef de village de Sabodala

Sara Cissokho- Chef de village de Sabodala

Sara Cissokho (photo) chef de village de Sabodala  à qui veut l’entendre :

«  Jamais, nous n’accepterons qu’on déterre nos morts pour faire des sondages à Niakhafiri-Sabodala… Si quelqu’un ose… »

Les habitants du célèbre village de Sabodala  sont plus que jamais déterminés à opposer un non catégorique à toute tentative de l’Etat et des sociétés minières à entamer des travaux de sondages à Niakhafiri-Sabodala.

Ils l’ont fait savoir à l’occasion d’une mobilisation sociale organisée par la coalition nationale de la société civile ce jeudi à Sabodala village.

Cette rencontre qui s’est également déroulée en présence des chefs de villages de Faloumbou, Makhana, Madina-Sabodala, New Dambankhoto… a été une occasion pour les communautés de fustiger leur cohabitation avec les sociétés minières.

Outre l’emploi des jeunes, les licenciements arbitraires, les problèmes d’eau, la question de Niakhafiri-Sabodala a été au centre des débats.

«  Nous n’avions que trop souffert de la cohabitation avec les sociétés minières, une bonne partie de nos terres nous ont été arrachées, nos doléances (eau, santé, emploi) ne sont pas satisfaites. Et maintenant ils veulent encore venir déterrer nos morts pour chercher le métal précieux. » a laissé entendre laissé entendre M Sara Cissokho, le chef de village de Sabodala en présence de la coalition nationale de la société civile.

Celui qui tente de faire des sondages dans nos cimetières verra…

 

«  Jamais, nous ne nous laisserons faire. C’est à grâce à nos morts que Sabodala est devenu ce qu’il est aujourd’hui. Nos ancêtres ont fait des sacrifices humains pour que  Sabodala soit… Nous savons bien qu’ils veulent délocaliser le village de Sabodala ailleurs. Nous sommes prêts à en découdre avec celui qui tentera cette expérience… » a-t-il ajouté.

Il faut dire que  les premiers sondages qui ont permis  de mettre en évidence le gisement de Niakhafiri  ont eu lieu depuis 1987. Le gisement se trouve à proximité de Sabodala village dans les cimetières.

« Il faut dépassionner le débat. Il n’est nullement question de délocaliser le village de Sabodala. Les ressources minières étant nationales, l’Etat du Sénégal a besoin d’évaluer ce potentiel d’or existant à Niakhafiri. » a précisé M Lamine Sy, le chef de service régional des mines et géologie.

Pour anticiper sur les éventuelles tensions qui pourraient subvenir autour de cette question, la société civile a un grand rôle à jouer. C’est dans ce cadre qu’une délégation de la coalition nationale de la société civile s’est rendue sur les lieux à Sabodala pour écouter attentivement les différents acteurs.

« Cette mission entre dans le cadre d’une redéfinition du rôle  de la coalition nationale de la société civile. Tout le monde peut se féliciter aujourd’hui de ce processus qui a abouti à l’adhésion du Sénégal à l’ITE. C’est qui permet aujourd’hui au Sénégal de se hisser au niveau des autres nations et travailler véritablement pour la transparence et la redevabilité dans les industries extractives.  Au cours de cette mission, les orpailleurs, et les communautés beaucoup ont présenté  beaucoup de problèmes. Les sociétés minières ont pensé pouvoir dégager  des pistes d’interaction avec la coalition pour avoir la licence sociale. Je pense que ça va être nos prochains chantiers avec nos partenaires.  » M Ibrahima Sory Diallo coordonnateur national de la coalition de la société civile.

Les habitants de Sabodala ne savent plus à quel saint se vouer quant au sort qui sera réservé à leur village. Il urge dés lors que l’Etat du Sénégal puisse prendre ses responsabilités pour dépassionner davantage le débat en apportant de la lumière sur cette affaire concernant Niakhafiri-Sabodala. L’implication de la société civile pourrait y être un atout sûr.

Adama Diaby Kédougou xibaaru.com