SYMPOSIUM : La société civile prône le respect des droits humains dans les zones minières

Le Comité sénégalais des droits de l’homme (Csdh), en partenariat avec Amnesty Sénégal et l’Ong « La lumière », a initié un symposium  sur le thème : « Droits humains, mines et transparence ». Cela, dans le but  de jeter les bases d’une réflexion pour un meilleur respect des droits humains dans le domaine de l’exploitation des ressources minérales au Sénégal. « Les ressources minières, loin  d’être une opportunité pour les populations africaines, font souvent de leur territoire un véritable enfer », indique le président du Comité sénégalais des droits de l’homme, Alioune Tine.
Il justifie cette situation par l’absence de  dialogue entre les différents acteurs pour régler des questions  essentielles. A l’en croire, les questions des droits humains et celle relative à la Responsabilité sociétale (Rse) s’inscrivent dans cette perspective. D’où l’intérêt de ce symposium qui va permettre de faire l’état des lieux du secteur minier. « Nous avons l’obligation, en tant qu’organe de régulation, d’impulser le dialogue pour voir comment, dans notre propre pays, faire des ressources minières le pilier de l’émergence économique », explique le président du Comité. Toutefois, Alioune Tine précise qu’il faut discuter de manière à ce que les droits humains soient respectés  du début à la fin.
Appliquer les principes pour prévenir les risques
Le représentant-régional pour l’Afrique de l’Ouest du Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, Andréa  Ori, a rappelé que le manque d’information et l’absence de transparence, souvent notés dans la conclusion des contrats de concession minière, ne permettent pas d’anticiper sur la gestion de potentiels  risques et d’impacts négatifs liés au déroulement des activités d’exploitation minière sur l’exercice des droits de l’homme. Présidant la cérémonie, le directeur de cabinet du ministre des Mines et de l’Industrie, Mbodiène Guissé, estime qu’une croissance sans justice sociale n’est pas source de progrès, mais plutôt source de conflits potentiels.
«Il faut que les droits humains soient respectés, que les populations soient associées au processus, les indemnités soient équitables, l’environnement  préservé, les règles  d’hygiène et de santé observées et l’enfance protégée », explique le directeur de cabinet.
Pour M. Guissé,  le choc des ambitions dans le secteur minier de nos jeunes Etats peut  générer des effets préjudiciables aux droits humains.  Qu’il s’agisse de dégradation de l’environnement, de déplacement de populations, d’expropriation de terres, d’emploi ou de répartition de richesses tirées du sous-sol. «Les mines doivent être exploitées pour contribuer à la croissance et au développement. Parce qu’elles sont épuisables et appartiennent à tous, les mines  doivent profiter à tous pour être source de prospérité », dit-il. «Aujourd’hui, beaucoup d’acteurs sont dans ce secteur et nous avons des difficultés dans le Code minier de comprendre la gouvernance exacte de ces industries dans ces zones », explique le député Cheikh Oumar Sy.
Il  a déploré le fait que la pauvreté soit plus visible dans des zones où les industries minières sont plus présentes. A cela s’ajoute le trafic transfrontalier d’enfants, la prostitution, la précarité, etc. «Il faut légiférer et donner plus de force, dans ce code minier,  à la  protection des enfants. Aussi, il faut que les entreprises extractives, dans le cas du Rse, puissent investir dans des secteurs importants que sont la santé et  l’éducation qui impactent  directement sur le droit des enfants », dit-il.

Tata SANE