Saly Portudal, le 09 décembre 2014

Le gouvernement du Senegal a décidé de construire deux centrales électriques à charbon dans un site de 29 ha près du village de Minam, précisément entre Bargy et Minam, à 35 km de la capital, Dakar. Il s’agit d’une central à charbon de 125 MW qui construite par une enreprise suèdoise Nykomb Synergetics Development AB et une autre de 250 MW Kepco, une entreprise coréenne.

Pendant que la première nommée co-financée par la Banque Africaine de Développement (37%) et un consortium de banques don’t la BOAD (25%), la CBAO (15%) et la FMO (23%) a déjà commencé, la seconde qui devrait être financée par la banque coréenne de Développement est en cours de négociations sur le terrain.

Cependant, pour plusieurs raisons, la communauté locale sous l’égide de l’Association environnementale Takkom Jerry, est fortement opposée aux projets.

Premièrement, l’EIES mentionne un certain nombre d’impacts négatifs dont :

  • Pollution des eaux de surfaces et des eaux souterraines ;
  • Rejets d’eaux chaudes, de polluants dangereux (NOx, SO2, CO) et d’eaux usées qui vont entraîner la destruction de l’écosystème marin et de la biodiversité dans la zone ;
  • Pollution sonores et altération de la qualité de l’air avec des effets sur la santé ;
  • Dégradation du couvert végétal par déversements de métaux lourds ;
  • Emissions de gaz à effet de serre et impacts sur les changements climatiques ;
  • Perturbations de l’occupation du sol, empiétement sur le site de transformation de poissons et expropriations sur le foncier.
  • Deuxièmement, les populations ont soulevées beaucoup de griefs contre le projet parmi lesquels :

D’abord, sur le plan social :

  • Le mode de consultation lors de la phase d’étude n’est pas transparent ;
  • Le projet compromet les mesures d’adaptation aux changements climatiques. En effet, le site était prévu pour reloger plus de 200 familles victimes de l’érosion côtière qui avance d’environ 1 à 3m/an ;
  • Il engendrera des impacts sur l’occupation des sols, comme par exemple l’accès aux cimetières, l’école élémentaire et le site des femmes transformatrices de poissons, etc. ;
  • Des expropriations ont eu lieu sans indemnisation juste et équitable ;
  • La pêche artisanale (et les activités connexes) qui représente plus de 50% du secteur économique de la communauté locale sont menacées sans aucune prise en compte de cette situation ;
  • La mitigation des impacts négatifs sur la santé n’est pas claire.

Sur le plan environnemental :

  • Une violation de la loi n°2001-01 du 15 Janvier 2001 portant Code de L’environnement en son article L13, notamment sur la distance de 500 m devant séparer une installation classée de catégorie 1 et les lieux d’habitations ;
  • Un manque de fiabilité des mesures préconisées pour la gestion des cendres et la caducité de l’EIES qui est vieille de 5 ans ;
  • La pollution de la mer, de l’air et par conséquent une menace sur la pêche artisanale ;
  • Le PGES n’est pas mis en œuvre alors que le projet a démarré.
  • Sur le terrain, les populations campent sur leurs positions et réclament toujours une délocalisation du projet, ou le respect et l’application de hauts niveaux de standards environnementaux et sociaux. La tension est d’ailleurs souvent très forte

Nous avons donc pensé qu’il était possible de chercher d’autres alternatives pour permettre l’accès à la reparation pour cette communauté qui ne cherche qu’à défendre ses droits.

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Cette formation sur les Principes Directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises Multinationales et son mécanisme de plainte avait pour but d’engager une campagne international contre les entreprises étrangères impliquées, en l’occurrence, Nykomb et Kepco.

OECD Watch est un réseau international de plus de 80 organisations de la société civile du Sud et du Nord qui promeut la Responsabilité Sociale des Entreprises  travers le mondeUn dess objectifs de OECD Watch est de tester l’efficacité des Principes Directeurs de l’OCDE. Le réseau travaille également à développer les capacités de la société civile sur les Principes Directeurs et aussi les autres instruments de Responsabilité Sociale des Entreprises.

Cet atelier de formation est rendu possible par l’intermédiare SOMO/OECD WATCH, et grâce au soutien financier des Ministères des Affaires étrangères des Pays Bas et de la Norvège.

Ces deux jours de formation sera sans doute une grande opportunité pour les organisations communautaires de base de Bargny et Mboro, en ce sens qu’il va leur permettre d’accroître leurs connaissances, et d’intégrer les Principes Directeurs dans leurs stratégies de plaidoyer en portant finalement plainte à l’OCDE.

Enfin, ce séminaire va certainement ouvrir les portes à la première plainte en provenance de l’Afrique de l’Ouest et entraîner un nouveau movement regional de collaboration et de soutien au Principes Directeurs et de façon générale les autres instruments de Responsabilté Sociale des Entreprises.

 PROGRAMME DE LA FORMATION

 2.1 OBJECTIF

Cet atelier avait pour objectif principal de renforcer les capacités des Communitées affectées de Bargny et de Mboro (Sénégal- Afrique de l’Ouest) par le projet controversé de central à charbon, sur les Principes Directeurs de l’OCDE et son mécanisme de plainte, afin de leur permettre de defender leurs droits.

 2.2 PLUS SPECIFIQUEMENT, L’ATELIER VISAIT A:

  1. Partager le rapport ‘’Empieter sur les droits des communautés, polluer demain’’ ;
  2. Renforcer les capacités de 25 personnes appurtenant aux communités affected sur les Principes Directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationals de sorte qu’elles puissant utiliser le mécanisme de plainte associé pour défendre leursdroits;
  3. Elaborer une stratégie avac les communités affected dans une perspective de porter plainte à l’OCDE et à la BAD/FMO.

 2.3 METHODOLOGIE

Cette formation a 2 principaux objectifs intimement liés. Premièrement, il s’agissait de partager les principaux résultats et recommandations de l’étude sur la centrale à charbon de Sendou. Deuxièmement, une session de formation spécifique sur les Principes Directeurs de l’OCDE y compris une session sur comment rédiger et porter plainte. Il y a eu également une session parallèle sur les mécanismes de plainte de la Banque Africaine de Développement et celui du FMO.

L’atelier est animé par des experts venus OECD WATCH/SOMO, Both Ends tous des Pays Bas et de Lumière Synergie pour le Développement. L’atelier se également déroulé de façon participative en facilitant de la sorte plus de partage d’expériences entre les participants, ainsi que des séries de questions/réponses et discussions entre eux.