Dakar le 17 juin 2015

ProfilPar Aly Sagne, Pdt de LSD                                                                                                      

Membre du Conseil d’Administration de l’Association Internationale du Code de Conduite pour les entreprises de Sécurité Privée (ICoCA)

Le Centre pour le Contrôle Démocratique des Forces Armées (DCAF), une fondation basée à Genève organise aujourd’hui à Dakar un atelier préparatoire sur un projet de recherche intitulé « Entreprises de Sécurité privée – Un état des lieux« .

Atelier de travail entre les chercheurs et le DCAF

Atelier de travail entre les chercheurs et le DCAF

Ce projet constitue un suivi de la conférence régionale sur le Document de Montreux, organisée l’année dernière par le gouvernement suisse et le CICR  à Dakar.

En effet, comme l’indiquent les Termes de Référence de l’étude, l’impact des ESP sur la bonne gouvernance et la sécurité en Afrique est une véritable préoccupation pour les Etats de la région, qui s’accordent sur la nécessité d’entamer un débat approfondi sur ce sujet. En juin 2014, les gouvernements suisse et sénégalais, en coopération avec le Comité international de la Croix-Rouge, le Centre pour le Contrôle démocratique des forces armées (DCAF) et le Centre des Hautes Etudes de Défense et de Sécurité (CHEDS) ont organisé la première conférence régionale sur les entreprises militaires et de sécurité privées en Afrique francophone (Dakar, juin 2014). Cette conférence a réuni des représentants de 16 Etats et d’organisations régionales et internationales  ainsi que des experts sur les questions de privatisation de la sécurité. L’insuffisance de l’encadrement juridique et réglementaire des activités des ESP a été mentionnée par la majorité des Etats participants comme étant une source d’inquiétude, couplée à un manque de surveillance de la part des Etats. La réalisation d’un état des lieux du phénomène de la privatisation de la sécurité a été une des recommandations phares de la Conférence régionale.

Il existe peu d’études ou d’analyses approfondies sur l’étendue de ce phénomène et son impact sur la bonne gouvernance en Afrique. Cette recherche serait l’opportunité idéale d’attirer l’attention des décideurs politiques sur ces questions essentielles liées à la paix et à la sécurité. La publication d’un état des lieux abordant le phénomène des SSP serait une contribution essentielle aux débats visant à élaborer des propositions concrètes pour encadrer les activités de ces sociétés. Cela pourrait créer une passerelle entre les initiatives internationales favorisant la régulation des ESPs (telles que le Document de Montreux et Le Code de Conduite Internationale) et la réalité du terrain. Une telle étude apporterait donc un éclairage inédit sur ces questions.

L’objectif de la cartographie est de saisir l’importance du phénomène de la privatisation de la sécurité en Afrique de l’Ouest et d’identifier les potentielles lacunes des cadres juridiques et réglementaires existants des ESP, afin de proposer des recommandations concrètes basées sur des bonnes pratiques en la matière. Il s’agit également de rendre la recherche sur ce domaine – peu ou prou existante – disponible et accessible en français et en anglais au plus grand nombre d’acteurs nationaux, régionaux et internationaux. Finalement, cet état des lieux permettra de poser les bases d’un débat public autour de ces questions et de consolider la volonté politique des Etats ciblés afin qu’ils puissent prendre les mesures nécessaires pour réguler les activités des ESP.

Ce projet bénéficie de l’appui de l’Organisation Internationale pour la Francophonie (OIF) et sera mis en oeuvre dans 3 pays: le Sénégal, le Mali et la Côte d’Ivoire.

L’étude va être déroulée entre les mois de juin et novembre, la plubication est attendue en début 2016.