Dakar, le 3 octobre 2015

Lancement du projet avec l'appui de OSIWA

                                               Lancement du projet avec l’appui de OSIWA

Dans le cadre de le mise en œuvre du projet « Combler l’écart en matière de  transparence, de redevabilité et de droits de l’homme au sein des banques publiques d’investissement au Sénégal » LSD avec l’appui financier de Open Society Initiative West Africa (OSIWA), organise du 2 au 3 octobre 2015 à Dakar, un atelier de renforcement de capacités des journalistes sur la question relative à la gouvernance et à l’engagement de la société civile autour des politiques et opérations des IFIs et autres MDBs.

Participants venant de 8 groupes de presse

Participants venant de 8 groupes de presse

L’atelier a pour objectifs de :

  1. Renforcer les compétences des journalistes dans la connaissance des IFIs/BMDs et leurs mécanismes de redevabilité ;
  2. Permettre aux journalistes de disposer de compétences thématiques et de les lier aux grands enjeux de développement au niveau national et international ;
  3. Créer les conditions permettant aux journalistes ciblées de traiter plus en profondeur ces questions afin que les citoyens soient mieux informés sur les politiques et opérations de ces BMLDs qui investissent au Sénégal et dans la sous-région ;
  4. Partager avec les journalistes des expériences de bonnes pratiques dans le journalisme d’investigation.

Les Institutions Financières Internationales (IFIs) et autres Banques Multilatérales de Développement (BMLDs) jouent un rôle important dans le financement du développement de l’Afrique en général et du Sénégal en particulier et participent aujourd’hui à l’effort crucial de lutte contre la pauvreté et la réalisation d’infrastructures.

Communication délivrée par Aly/LSD

Communication délivrée par Aly/LSD

Cependant, les opérations des IFIs/MDBs n’apportent pas toujours le bonheur dans les communautés hôtes et ces dernières manquent très souvent d’expertise et de moyens pour apprécier leur travail et contraindre ces acteurs économiques particuliers de rendre compte.

Cette situation est aggravée par le fait que les médias et les populations ne sont guère conviés à ces occasions que lorsqu’’il s’agit de signer des conventions de financement et/ou quand il s’agit simplement de réceptionner ou d’inaugurer des ouvrages réalisés à partir de ces financements.

Le cas du projet de centrale à charbon de Sendou à Bargny est très illustratif : un projet du gouvernement du Sénégal[1] visant à résorber le déficit énergétique chronique du pays mais qui occasionne en même temps la perte de terres, de moyens de subsistance de plus de 1000 femmes et autant de pêcheurs ; mais également des risques environnementaux potentiels énormes, sans pour autant que les communautés locales soient informées, éclairées et édifiées sur leur avenir.

Dans ce contexte, la société civile de façon générale doit être beaucoup plus attentive aux opérations et impacts des IFIs/MDBs afin de jouer pleinement son rôle intrinsèque de veille et d’alerte. Or, elle ne dispose pas toujours des capacités et/ou des connaissances nécessaires sur ces acteurs financiers spéciaux pour pouvoir effectivement s’engager.

LSD a développé une expertise dans ce domaine depuis quelques années, à travers plusieurs réseaux de la société civile dont la Coalition des OSC sur la BAD, le réseau EuroIFInet, le réseau ADB Forum et la Coalition Bank on Human Rights, dont la participation à plusieurs initiatives visant à renforcer la transparence et de redevabilité dans les IFIs[2].

Dans ce contexte,  les médias ont un rôle important à jouer, notamment pour assurer que les citoyens soient régulièrement informés et alerter également les communautés et les décideurs quand des risques surviennent. A cet effet, il est donc nécessaire, voire incontournable d’engager au Sénégal un nombre critique de médias pour travailler sur cette thématique porteuse et novatrice.

Pendant 2 jours, les professionnels des media seront formés sur les opérations et les mécanismes de transparence et de redevabilité des IFIs dont la BAD en particulier au Sénégal.

Aujourd’hui, les participants vont visiter le site du projet de centrale à charbon de Bargny communément appelé ‘’Centrale de Sendou ».

[1] La centrale de charbon de Sendou est cofinancée par la BAD à hauteur de 36 milliards d’Euros en 2009

[2] Notamment des études sur le PAPIL, la Centrale à charbon de Sendou, des campagnes de plaidoyer contre la BM et la participation aux processus de révision des politiques : Accès à l’information de la BM (2009) et de la BAD (2010) ; Politique dans le domaine de l’énergie de la BAD (2010) ; De sauvegardes de la BAD (2012) et de la BM (en cours) ; Du Mécanisme Indépendant d’Inspection de la BAD (2014), etc.

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