Fatick, le 6 novembre 2015

Par Aly Sagne

Visite de solidarité de la Coalition des OSC africaine sur la BAD à la Communauté affectée par le projet de centrale électrique à charbon de Sendou financée par la BAD
I.CONTEXTE ET JUSTIFICATION
1.1 CRISE ENERGETIQUE SANS PRECEDENT DEPUIS PLUS DE 20 ANS
A l’instar de la plus part des Etats africains, le Sénégal fait face à une crise énergétique chronique qui se manifeste par un déficit important dans fourniture d’électricité, avec une demande nette en électricité sur le réseau est estimée à 2.489,57 GWh , contre une offre disponible prévisionnelle de 2.484 GWh, soit un déficit de production de 5.514 MWh.
Cette situation est accentuée par :
La dégradation des moyens et des capacités de production de la Société Sénégalaise d’électricité (SENELEC). En effet, plus de 60% des infrastructures de production de la SENELEC sont vieilles et ont dépassé leur durée d’exploitation normale ;
Une très forte dépendance au pétrole : Importation de près de 600.000 tonnes de consommation de combustibles, pour plus de 35 % de la consommation nationale d’hydrocarbures ;
Et enfin, la difficulté de mobilisation des investissements dont a tant besoin le secteur.
1.2 CONSEQUENCES
En conséquence, cela se traduit par :
1.Une perturbation dans la production et la distribution de l’énergie électrique,
2.Des délestages ;
3.Une baisse de performances des activités économiques ;
4.La frustration des usagers dont les ménages ;
5.Un accroissement des tensions politiques et sociales à travers tout le pays.
Pour relever ce défi, le gouvernement du Sénégal avait décidé de construire une centrale électrique à charbon sur un site de 29 hectares situé à 35 km de Dakar, dans le village de Sendou, près de Bargny, avec le concours financier de la Banque Africaine de Développement (BAD) qui a approuvé un prêt de 55 millions d’Euros le 25 novembre 2010 au profit des promoteur dont le chef de fil est Nykomb Synergetics Development AB qui était à la tête du Consortium CES (Compagnie d’Electricité du Sénégal).
II. REPERCUSSIONS SOCIALES ET ENVIRONNEMENTALES

Le Président Takkom Jerry (au milieu)

Le Président Takkom Jerry (au milieu)

En 2010, la Coalition des OSC sur la BAD avait financé une étude relative à la transparence et aux répercussions sociales et environnementales de ce projet. Les résultats de cette recherche montraient nettement à l’époque l’existence de risques sociaux et environnementaux majeurs.
En 2014, Lumière Synergie pour le Développement (LSD) s’est encore intéressée à ce projet avec l’appui de Both Ends en analysant en profondeur les Etudes d’Impacts Environnementales et Sociales (EIES) qui confirmaient également un certain nombre d’impacts négatifs qui ont effectivement poussés les communautés hôtes à se dresser contre cette centrale à charbon.
En effet, pour régler le problème de l’érosion côtière (avec une avancée d’environ 1 à 3m/an) affectant les habitations de la ville de Bargny, la Mairie avait réalisé un lotissement de 1433 parcelles destinées aux populations victimes. Cependant, sous prétexte d’utilité publique, le gouvernement a attribué au projet ce site sans la moindre compensation aux ayants droits.
Cultural heritage of Bargny in dangerEn plus de cela, il y a des craintes de pollutions (le plus grand désaccord entre les populations, car la communauté vie de pêche principalement et les déversements d’eaux chaudes de la centrale va tuer la mer) ;
La perte d’emplois pour quelques 1500 femmes sécheuses de poissons et saisonniers qui travaillent sur le site et exportations vers le Burkina Faso avec un chiffre d’affaire d’environ 2 milliards de FCFA/an.
L’Association environnementale Takkom Jerry et le Collectifs des personnes affectées par le projet ont eu plusieurs contacts avec le gouvernement, les entreprises et la société civile pour défendre les droits de la communauté. A cet effet, une plainte a été déposée au Point de Contact National (PCN) de l’OCDE le 30 avril 2013 et une autre est entrain d’être préparée pour la BAD, la BOAD et la FMO.
Actuellement les travaux sont suspendus depuis plus de 6 mois sur le chantier, mais le projet n’est pas arrêté et ce, malgré l’opposition farouche de la communauté dont l’actuel Maire.
C’est dans ce contexte que s’inscrit la visite du Coordonnateur de la Coalition des OSC sur la BAD qui vient ainsi renforcer son soutien à LSD dans sa campagne pour défendre les communautés affectées de Bargny.
III.OBJECTIFS
1.Rencontrer les communautés et échanger avec elles sur leurs perspectives ;
2.Visiter le site du projet de Sendou ;
3.Appuyer LSD dans ses démarches pour avoir un dialogue avec la BAD à Dakar.
IV.PERIODE
Le coordonnateur de la Coalition est attendu à Dakar le jeudi 11 novembre 2015. Après un briefing au siège de LSD le même jour, une séance de travail sera organisée avec les responsables du projet à la BAD (le 12 ou le 13) et la visite de site sera programmée le samedi 14 novembre 2015.
Puis un point de presse sera organisé à la fin de la visite de soutien aux communautés.
Enfin, le retour du coordonnateur est prévu le dimanche 15 novembre 2015.