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http://www.irinnews.org/fr/report/100583/l-avant-projet-de-cadre-int%C3%A9gr%C3%A9-de-la-banque-mondiale-ne-fait-pas-l-unanimit%C3%A9 

BANGKOK, 7 septembre 2014 (IRIN) – Les militants s’inquiètent de la possibilité d’un recul dommageable dans les politiques de sauvegarde de la Banque mondiale. Ils estiment en effet que les changements proposés, qui doivent être examinés cet automne, pourraient affaiblir les droits des peuples autochtones et des autres personnes exposées aux déplacements et aux mauvais traitements dans le cadre des projets de développement financés par l’organisation. 

« Cette [version des politiques de sauvegarde] risque, si elle est approuvée, d’entraîner un retour des mauvais traitements à l’encontre des peuples autochtones », a dit Joan Carling, Secrétaire générale du Pacte des peuples autochtones d’Asie (Asia Indigenous Peoples Pact, AIPP), un réseau qui opère dans 14 pays asiatiques. 

Selon la Banque mondiale, « [c]ette proposition prévoit la création d’un cadre de gestion environnementale et sociale qui reprend les politiques de sauvegarde en vigueur depuis des décennies et les regroupe dans une structure actualisée et intégrée permettant une mise en œuvre plus efficiente et plus efficace de ces politiques ». 

Les militants estiment toutefois que l’avant-projet de cadre actuel entraîne une dilution des garanties existantes et omet de considérer les droits autochtones dans les projets financés par la Banque mondiale en obtenant « un consentement donné librement, au préalable et en toute connaissance de cause » pour les interventions de développement. Les changements proposés, qui comprennent l’ajout d’une « option de sortie », pourraient laisser les décisions en matière de développement à l’entière discrétion des gouvernements. 

« Pour que les mécanismes de réclamation fonctionnent, les normes environnementales et sociales doivent être claires et avoir un caractère contraignant », a dit Kristen Genovese, une avocate chevronnée qui travaille pour le Centre pour le droit environnemental international (Center for International Environmental Law, CIEL), un organisme de surveillance basé à Washington. 

Plus de 50 milliards de dollars de fonds consacrés à l’aide au développement pourraient ainsi être investis dans des projets entraînant l’éviction ou le déplacement potentiel de populations ou omettant de compenser adéquatement les communautés pour les pertes de ressources encourues. Il n’est dès lors pas étonnant que les pressions exercées sur la Banque mondiale aient augmenté à l’approche de la réunion du conseil d’administration, qui a eu lieu le 3 septembre dernier. 

Lacune 

L’avant-projet conserve l’obligation d’obtenir des populations affectées par les projets un « consentement donné librement, au préalable et en toute connaissance de cause » pour la réinstallation ; le versement d’une juste compensation ; le respect des droits des travailleurs ; et l’aide au développement non discriminatoire. Le document inclut cependant des options permettant à la Banque mondiale de contourner ses obligations, ce qui laisse aux gouvernements toute liberté quant à la suite à donner aux projets – et la possibilité de ne pas tenir compte des droits des peuples autochtones. 

« Le fait de permettre [aux gouvernements] de ne pas reconnaître des groupes [comme étant autochtones] est extrêmement problématique, surtout lorsque l’on sait que les gouvernements sont nombreux à avoir commis des violations des droits des peuples autochtones au fil de l’histoire », a dit Jessica Evans, chercheuse principale sur les institutions financières internationales à Human Rights Watch (HRW). 

Selon la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA), on définit comme autochtones les peuples qui sont liés par une continuité historique avec des groupes précoloniaux, qui entretiennent des liens forts avec les ressources naturelles et la terre – qui constituent la base de leur survie culturelle et physique – et qui s’identifient eux-mêmes comme autochtones dans le cadre de leurs systèmes de croyances, qui diffèrent de ceux de la société dominante. 

La DNUDPA a été adoptée par 143 pays, mais sa mise en œuvre à l’échelle nationale est demeurée limitée. L’avant-projet de la Banque mondiale accorde aux gouvernements la possibilité de ne pas reconnaître le statut autochtone des personnes affectées par les interventions de développement financées par la Banque mondiale si cette reconnaissance peut causer des conflits ou si elle va à l’encontre de la constitution du pays. 

Selon une déclaration publiée le 30 juillet au sujet des politiques de sauvegarde proposées, la Banque mondiale peut être exemptée de l’obligation d’accorder des protections aux peuples autochtones « [d]ans des situations exceptionnelles, lorsque les tensions ethniques ou les troubles civils risquent d’être exacerbés ou lorsque la désignation de peuples autochtones comme tels n’est pas conforme aux dispositions de la constitution du pays […] » 

Alors que l’avant-projet de cadre est sur le point d’être examiné par le conseil d’administration de la Banque mondiale, les militants soutiennent que les consultations menées auprès des groupes autochtones pour l’élaboration et la mise en œuvre des projets de développement n’auront, à l’avenir, que peu d’impact si les nouvelles garanties ne subissent pas une refonte majeure. 

« S’ils décident d’inclure l’option de sortie en ce qui concerne la reconnaissance des groupes autochtones, ces derniers en ressentiront durement les effets », a averti Mme Carling, de l’AIPP, ajoutant que le refus d’un gouvernement de reconnaître le statut autochtone de nombreuses minorités ethniques peut contribuer à l’apatridie, à la pauvreté et à des déplacements forces.

Historique de mauvais traitements 

On craint notamment que les garanties proposées n’entraînent un déplacement de la responsabilité environnementale et sociale de la Banque mondiale vers les gouvernements emprunteurs, ce qui signifie que les fonds pourraient être versés à des États qui sont déjà connus pour accaparer des terres, se livrer à la corruption et commettre des violations des droits de l’homme. 

Au cours des dernières années, des chercheurs ont documenté des cas d’évictions forcées liés à des projets financés par la Banque mondiale dans des communautés pauvres. 

Amnesty International a par exemple rapporté que 9 000 habitants de Badia-Est, une communauté de Lagos, au Nigeria, avaient été expulsés de leurs foyers pour permettre la construction d’appartements de luxe. Selon le Centre pour des politiques alternatives (Center for Policy Alternatives, CPA), une organisation non gouvernementale (ONG) srilankaise, 135 000 familles seront relocalisées au cours des trois prochaines années à Colombo, la capitale du Sri Lanka, pour permettre le développement urbain. 

À Badia-Est, les manifestations contre la destruction des foyers des membres de la communauté satisfaisaient toutes les conditions pour qu’une enquête complète de la Banque mondiale soit ouverte. Or, les huit membres du conseil de la Banque ont plutôt décidé de lancer un projet pilote de réinstallation prévoyant une compensation inférieure d’un tiers au taux du marché pour les logements informels situés à Lagos. 

« La compensation était si faible qu’elle ne leur a pas permis de s’installer ailleurs que dans un autre bidonville ou un autre lieu d’hébergement précaire, les exposant dès lors au risque d’une nouvelle éviction forcée », a dit Alessandra Masci, analyste principale sur les entreprises et les droits de l’homme pour Amnesty International et principale responsable du cas de Lagos. 

Le projet pilote de la Banque, mis en œuvre en novembre 2013, s’inscrit dans la nouvelle orientation de l’institution (et de l’avant-projet de politiques de sauvegarde qui est actuellement examiné). Selon les analystes, l’utilisation d’un langage vague permet une certaine flexibilité en matière décisionnelle pour la Banque mondiale et le gouvernement emprunteur. Les pauvres sont laissés à eux-mêmes et doivent se débrouiller tous seuls. 

« Les banques et les panels se placent en retrait et laissent les communautés négocier seules avec des entités beaucoup plus puissantes qu’elles », a expliqué Mme Masci. 

Dans le cas du Sri Lanka, le gouvernement utilisera 213 millions de dollars prêtés par la Banque mondiale pour déplacer de force quelque 300 000 personnes dans le cadre du projet de développement urbain du grand Colombo (Metro Colombo Urban Development Project, MCUDP), selon le CPA. 

Un engagement pour en finir avec la pauvreté ? 

Les critiques estiment que de solides garanties sont nécessaires pour protéger les personnes vulnérables, sans quoi les droits des groupes autochtones continueront d’être violés dans le cadre de projets de développement et l’atteinte de l’objectif que s’est fixé la Banque mondiale – qui est d’en finir avec la pauvreté – s’en trouvera entravée. 

Les Autochtones comptent pour 5 pour cent des habitants de la planète, mais ils représentent, [selon les Nations Unies], 15 pour cent de la population mondiale vivant sous les seuils de pauvreté nationaux. 

Certains craignent que l’émergence des banques de développement chinoise et japonaise, de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures et de la Banque de développement des BRICS et l’accroissement de la concurrence qui y est associé n’alimentent la peur de perdre des clients et ne déclenchent une course vers l’abîme (« race to the bottom »). Les experts estiment que la Banque mondiale devrait considérer ses politiques de sauvegarde comme une façon d’affirmer sa position de leader mondial. 

« La concurrence a du bon. Elle suppose en effet un accroissement des sommes disponibles pour le développement », a dit Mme Evans, de HRW. « La Banque mondiale devrait montrer aux autres prêteurs les bonnes pratiques et servir de modèle pour les banques de développement. » 

Sophie Chao, administratrice de projets pour Forest People’s Programme (FPP), une organisation de défense des droits autochtones et environnementaux basée aux Pays-Bas, a dit : « La définition des normes est une tâche qu’une institution aussi puissante et influente que la Banque mondiale devrait considérer comme obligatoire, et non optionnelle. » 

« Ils disent que leur principal objectif est de mettre un terme à la pauvreté, mais à qui s’adresse réellement le développement si ce n’est aux pauvres ? » a dit Mme Carling. 

Source: http://www.mineweb.com/mineweb/content/en/mineweb-gold-analysis?oid=161696&sn=Detail&pid=110649

Author: Lawrence Williams
Posted: Friday , 09 Nov 2012

LONDON (Mineweb) –

Gold’s price pattern since the results of the U.S. Presidential election has been an interesting one.  Most analysts had predicted that gold would rise if President Obama retained his position, and now other factors have come into play – perhaps most noticeably that the post-election nervousness about the path of the U.S. economy, coupled with no end in sight to the Eurozone problems (indeed things appear to be getting worse with expectations that the Eurozone is heading for recession – including mighty Germany).

What had been surprising about the path of the gold price through the past year or so is that it often fell back on poor global economic news when the old safe haven arguments for the yellow metal might have been thought to come increasingly into play.

To an extent that was because of relative dollar strength which meant that falls in the headline dollar price were not necessarily the case in other currencies – and given that the gold price tends to be quoted in U.S. dollars virtually everywhere as the general guideline price, the psychological impact of an apparent fall on investors, even if it hadn’t fallen back in their own currency, should not be underestimated.

But, since the U.S. Presidential election it has been noticeable that gold in general has been rising in price regardless of U.S. dollar strength – admittedly this has only been over a short period of time so far but could be an indicator that gold’s safe haven appeal is returning.

In the U.S. much of the post-election focus among economists and the more mature analysts has been on the rapidly approaching ‘fiscal cliff’ whereby tax hikes in conjunction with spending cuts will hit on December 31st unless some deal can be reached in the U.S. house and senate that will alleviate this – and it seems that neither side is yet in the mood to compromise on their set positions. If no consensus to alleviate can be reached the U.S. would almost certainly move into recession during the first half of 2013. A U.S. recession, coupled with a Eurozone recession frightens investors, hence something of a move back into gold and it is noticeable that gold (and the other precious metals) has been virtually the only asset class to show some kind of appreciation in the past week – stock markets are down, commodities are down.

Fundamentals are suddenly looking stronger too.  GFMS’s Philip Klapwijk has just suggested that China’s gold appetite continues to rise despite the fall in growth there and has reiterated that the Asian Dragon will overtake India this year as the world’s largest consumer.  What is less certain is whether the Chinese gold imports are all being taken up by the general public, or whether some is actually being taken into non-reported reserves by a government which is nervous about the longer term future of its huge dollar-denominated forex holdings, but doesn’t want to rock the gold boat – yet.  Klapwijk puts Chinese gold take-up this year at 860 tonnes – about  one third of all new mined annual gold output – and still continuing to rise.  China is very much underpinning the global gold price.

Along with the rise in the gold price, the VIX – or fear – index is rising as well and if gold and the Vix are both rising this again is yet another indicator that what U.S. Global Investors chief Frank Holmes calls the fear trade is beginning to dominate gold price movement again. Recession realities are building and people are turning again to gold as their financial insurance policy.

About Lawrence (Lawrie) Williams

Lawrence (Lawrie) Williams has been involved with both the technical and the financial end of the mining sector for over 40 years, formerly CEO of top mining industry business publisher, Mining Journal Limited, he is Mineweb’s General Manager and Editorial Director.

Email: lawrie@mineweb.com

For Immediate Release: February 10, 2010

Contacts:
Harlin Savage, Resource Media, (720) 564-0500, x11
Payal Sampat, EARTHWORKS, (202) 247 1180
Scott Cardiff, EARTHWORKS, (202) 367 6357

More info and links at end of release

EARTHWORKS logo

Leading Jewelry Retailers Act on Pledge To Shun « Dirty Gold »

Despite headway, more improvements are needed

Washington D.C.— Dozens of the nation’s leading jewelry retailers are taking innovative steps to provide consumers with gold jewelry made in a more environmentally and socially responsible way, according to a report released today by the Washington, DC-based environmental group EARTHWORKS.

The report, Tarnished Gold: Assessing the Jewelry Industry’s Progress on Ethical Sourcing of Metals, evaluates progress jewelers have made in pursuit of cleaner sources of precious metals — and finds signs of hope as well as shortfalls.

The report comes as Americans are expected to spend millions of dollars on new gold jewelry during Valentine’s Day — the No. 2 holiday for jewelry sales in the United States.

More than 60 jewelry companies, including Sears, Herff Jones, and Tiffany & Co., have committed to purchase cleaner sources of gold by endorsing the Golden Rules, a set of principles for more responsible mining. These companies are calling on the mining industry, one of the world’s dirtiest, to move away from current practices that harm local communities and generate millions of tons of toxic waste.

These retailers, which represent 22 percent of the U.S. jewelry market and $14.5 billion in sales, are urging the mining industry to end practices that harm local communities, pollute drinking water, and generate millions of tons of toxic waste. The production of a single gold ring generates about 20 tons of mine waste, which can release acids and toxic pollutants.

« We’re encouraged that jewelry industry leaders are listening to their customers — and their consciences — and are working to find alternatives to irresponsibly mined metals, » said Payal Sampat of EARTHWORKS and director of the No Dirty Gold consumer campaign.

Target, T.J. Maxx, and Harry Winston are among the retailers who failed to make the grade. These « laggards » have yet to take the first steps towards more responsible metals sourcing and have repeatedly declined to join their colleagues in supporting the Golden Rules.

Gold demand for jewelry represents the equivalent of 90 percent of gold mine production , making jewelry the single largest market for gold. Despite growing pressure from jewelers and consumers, the mining industry is dragging its feet on implementing the kinds of changes needed. Mining companies have yet to make measurable and verifiable progress towards applying the Golden Rules, which call for more responsible practices, including:

  • respect for human rights and workers’ rights;
  • free and informed consent from local communities before mining;
  • staying out of protected natural areas;
  • an end to dumping mine waste into rivers, streams and coastal waters;
  • guaranteed payment for the costs of closing and cleaning up mines.

Tarnished Gold, which includes a scorecard to assess how signatories of the Golden Rules are complying with its requirements, is based on self-reported data from 39 companies collected between February and October 2009. Companies were graded « A » to « F » for progress towards sourcing precious metals more responsibly. No company achieved a perfect score.

Jewelers were graded on 15 criteria, including:

  • tracing their supply chain;
  • incorporating the Golden Rules into their policies and contracts;
  • notifying their suppliers of their commitment to source metals in accordance with the Golden Rules;
  • supporting third party certification initiatives;
  • supporting protection of Bristol Bay, Alaska from irresponsible mining.

Among major retailers, Tarnished Gold notes that Canadian firm Birks & Mayors, American luxury retailer Tiffany & Co., and class rings firm Herff Jones reported making the most progress towards improving their metals sourcing practices.

Smaller jewelers reported making the largest strides in their commitments to the Golden Rules. Four of them received an A, including San Francisco-based Brilliant Earth, London’s Cred Jewellry, Lena Marie Chelle Designs, and Real Jewels.

« Recalcitrant jewelry retailers like Target need to learn from the leaders and take meaningful action to source metals more responsibly and stop destructive mining, » said Scott Cardiff of EARTHWORKS’ No Dirty Gold campaign.

Source: Tambacounda.info: http://www.tambacounda.info/kedougou/kedougou-les-19-elargis-accueillis-en-heros.html

Tambacounda ce mercredi, la montre affiche dix heures trente quand le cortège a pris la direction de la capitale de la principale région minière du Sénégal. Deux bus climatisés, l’un affrété par le comité des ressortissants de Kédougou à Tambacounda, le second justement objet de controverse   avant le départ de Tambacounda, appartient curieusement à la société minière devant exploiter à l’échelle industrielle de l’or de Sabodala, Sabodala Gold Operations (SGO) , ont transporté la délégation forte des 19 détenus élargis par le président de la république, et d’une bonne douzaine de membres du comité des ressortissants de Kédougou à Tambacounda, quelques étudiants et autres amis et parents. Sacrés Itiar Boubane et son complice Gérémi n’avaient pas encore fini de savourer l’air de la liberté à Tambacounda. Ils ont pris la nature, certainement fait un tour chez des proches, prié à l’église. Tout le monde les a attendus près d’une heure d’horloge.

A Mako, le cortège s’arrêta. Certaines croyances voudraient qu’un prisonnier élargi ou ayant purgé sa peine se baigne dans le fleuve, s’il ne veut plus retourner au bagne. Les jeunes taquinent l’eau du fleuve Gambie, puis enflent des tee shirts à la mémoire de Sina Sidibé. Le quart après quatorze heures n’avait pas encore sonné, que la route de l’aéroport et les environs ont fait le plein de monde, justement amenés sur les lieux par des véhicules de la société Alcatraz dont le patron se trouve être un jeune de Kédougou. Musique, envolées lyriques, cris de joie ont transpercé l’atmosphère, avec à la clef une foule de plus en plus grandissante tout le long du parcours. Des politiques étaient à l’accueil, mais cela ne semblait pas être du goût de certains Kédougouens. Que pouvaient-ils faire d’autre ?

Le cortège, au cri de « liberté, liberté » prit la direction du domicile de feu Sina Sidibé. Les jeunes élargis y sont allés présenter des condoléances et réconforter la famille pour dire qu’il ne sera pas pour rien brutalement arraché à leur affection. Instants fatidiques et pathétiques durant lesquels beaucoup de larmes ont coulé. Puis, les jeunes qu’accompagnait une foule inestimable, ont fait un petit tour, histoire de remercier tous ceux qui, de près ou de loin, leur ont apporté leur soutien.

http://www.tambacounda.info/kedougou/evenements-de-kedougou–les-18-condamnes-liberes.html

Source Tambacounda.info/

Les condamnés graciés par le président de la République


Les 18 étudiants condamnés dans le cadre des évènements de Kédougou ont été libérés mardi aux environs de 19 heures, a constaté le correspondant de l’Agence de presse sénégalaise à Tambacounda. Les détenus ont mis une heure à remplir les formalités de sortie de prison, à la Maison d’arrêt et de correction de Tambacounda où ils étaient incarcérés depuis le 10 janvier dernier. A leur sortie de prison, ils sont montés à bord d’un minicar devant les conduire au siège du Collectif où une conférence de presse est prévue.

Ils avaient été condamnés par le tribunal régional de Tambacounda à des peines de prison ferme allant de 5 à 10 ans. L’information de leur libération a été donnée à l’APS par le trésorier du Collectif des ressortissants de Kédougou puis confirmée à la prison par un garde pénitentiaire.

Le 23 décembre 2008 une manifestation de jeunes étudiants de Kédougou qui réclamaient, entre autres, une subvention de la part de leur marie et de meilleures conditions d’études à l’université de Dakar, avait dégénéré, causant la destruction de bâtiments administratifs et de biens privés. Une personne avait trouvé la mort parmi les manifestants.

Quelque 29 personnes pour la plupart des étudiants et des enseignants avaient été arrêtées par la suite. Certains témoins avaient dénoncé des arrestations irrégulières de la part des forces de l’ordre.

Samedi dernier, les détenus, leurs parents et avocats s’étaient entendus avec un Collectif universitaire qui leur a rendu visite la veille, pour renoncer à faire appel de la décision du tribunal régional.

La décision des détenus et de leurs parents visait à lever tout ‘’blocage’’ aux initiatives allant dans le sens de les libérer, a indiqué samedi Babacar Diop qui était à la tête de la délégation du Collectif.

Dans le cadre d’un atelier de réflexion, d’échanges et de réseautage, le Fonds Mondial pour les Enfants « Global Fund for Children » a rassemblé 24 organisations partenaires venant de 9 pays  (dont La Lumière), pendant 4 jours à Toubab Dialaw (Sénégal_Dakar) du 17 au 20 mars 2009.

Ouverture de l'atelier "Knowledge Exchange GFC Grantee Partners"

Ouverture de l'atelier "Knowledge Exchange GFC Grantee Partners"

Les objectifs:
principaux de l’atelier sont les suivants:
• Le Partage des Connaissances: Les participants pourront échanger des données d’expérience
et d’expertise concernant les bonnes pratiques et les leçons apprises dans leur domaine de
travail avec les enfants et les jeunes.
• Le Renforcement Institutionnel: Chaque participant va identifier et discuter de ce dont il ou
elle a besoin afin de renforcer leurs institutions et de les rendre plus efficaces. Ils tireront de
l’atelier les outils nécessaires pour renforcer leurs capacités internes.
• Le Networking: Chaque participant établira d’une manière systématique des rapports riches
avec d’autres participants de l’atelier, tout en utilisant les priorités, intérêts et obstacles
communs en tant que base, pour un échange et une collaboration continue.
• Le Partage des informations sur GFC: Chaque participant partira avec une compréhension
claire de toute la gamme des produits et des services offerts par GFC.

GFC était représenté par Solome Lemma et Milena Mikael-Debass respectivement Chargé de Programme et Assistante de programme.

(De droite à gauche) : Solome Lemma Milena Mikael-Debass/ souce: La Lumière

(De droite à gauche) : Solome Lemma Milena Mikael-Debass/ souce: La Lumière

La rencontre avait étée facilité par Comba Touré, Représentante Résidente de ASHOKA et c’est le SYNAPSE qui en a assuré la coordination. Chaque participant avait un stand qu’il a présenté au cours de la session.

C’est impressionnant ce que nous avons échangé comme thèmes (Trafic des enfants, Abus sexuels, Talibés mendiants, VIH/SIDA, Education Non Formelles des enfants sourds muets, Emplois des jeunes adolescents, Enfants de la rue, Enfants en conflits avec la loi, Pires formes de travail des enfants/enfants travaillant dans les mines, etc.), approches et expériences durant l’atelier surtout du coté des anglophones.

Ce qui m’a surtout impressionné c’est la diversité des outils, des contenus pédagogiques, des produits et supports avec lesquels nos collègues anglophones travaillent dans le domaine;

Le troisième jour, nous avons visité les foyers de ADE à Rufisque  où nous avons trouvé sur place quelques membres du COSAED (Collectif des Organisation d’Appui aux Enfants en situation Difficile). Il y avait aussi des membres de l’équipe de projet USAID_Plan Senegal_ENDA qui nous ont fait une présentation du Projet Education De Base sur la prise en charge des enfants talibés dans 3 regions: Dakar, Louga et ST Louis (2008-2010)..

Principale recommandation de l’atelier:

La création d’un réseau ouest africain a été la principale recommandation qui est ressortie et que l’ensemble des acteurs a souhaité voir le jour très prochainement. Beaucoup de propositions ont été émises et le groupe est tombé d’accord pour maintenir le contact dans un premier temps. L’autre aspect a été le besoin de diversification des sources de financement et la capacitation des OSC sur le Fundraising. Un début de piste à été trouvé avec la presentation de EVA, une ONG Nigérienne très outtillée sur la question: la Directrice nous a gratifié d’un excellent exposé sur la mobilisation des ressources avec comme principe majeur: d’abord compter sur les ressources disponibles sur place.

Enfin, les representants de GFC nous ont fait part à travers un exposé des divers services offerts par la fondation autres que les grants:

  • Assistance techniques;
  • Soutien voyage pour conference et autres;
  • Publication et production de ressources video;
  • Grant additionnel en cas d’imprevu dans le grant classic;
  • Mise à disposition de consultants;
  • Mise en relation avec d’autres bailleurs;
  • Etc.

La Lumière, par la voix de son représentant (Le Chargé de Programme), a jeté la réflexion sur la gestion de la question des Droits de l’Enfant au niveau régional, spécifiquement dans la région CEDEAO/ECOWAS. Dans cette perspective les organisations partenaires du Nigéria peuvent jouer un grand rôle.

Tous les participants ont remercié vivement Global Fund For Children pour cette initiative et le soutien qu’il apporte aux organisations respectives; Ce fut veritablement une rencontre utile à tous les niveaux .

Aly Sagne, Chargé de Programmes – ONG La Lumière – Tambacounda – Sénégal.

« Rappelle, car le rappel peut profiter »

En 2006, des encontres importantes avaient eu lieu à Kédougou autour des fonds sociaux que détenaient les sociétés minières au titre de leurs engagements contractuels avec l’Etat du Sénégal.

Nous allons vous faire vivre ses processus en publiant les différents compte rendus de réunions tenues avec toutes les parties prenantes sur la question du Fonds Social Minier.

Premier extrait:

Jeudi 09 novembre 2006, le Directeur des Mines et de la Géologie convoque tous les Acteurs concernés par l’exploitation minière à Kédougou.

Cette rencontre qui fait suite aux recommandations du Ministre de l’Energie et Mines lors de la réunion de Présentation du Programme Social Minier de la Région de Tambacounda (Dakar, 16/10/06) avait pour objectifs :

Présentation du Programme Social Minier de la Région de Tamba ; Présentation des Programmes Sociaux des Compagnies Minières ;

Mise en place du Groupe de Travail chargé de l’Elaboration du Plan Annuel Quinquennal d’actions prioritaires à financer par le Fond Social ;

Mise en place d’un Comité de Suivi du Plan de Gestion Environnemental et Social (PGES).

Si pour l’Etat, ce fut la seconde initiative du genre, ce n’est pas le cas pour les Compagnies Minières (Mineral Deposits Limited, OROMIN et Coumba Ressources Iron and Ore) pour lesquelles ce fut véritablement la première fois qu’elles se prêtent à un tel exercice de communication directe avec les populations et les Collectivités Locales !

Dans son allocution d’ouverture, le Gouverneur de Région a rappelé que le Fonds Social est une vieille revendication des populations qui a trouvé une réponse positive des Compagnies à travers les conventions signées avec l’Etat. Ainsi cette première rencontre après les instructions du Ministre de l’Energie et des Mines lors de la réunion du 16 octobre 2006 à Dakar va se tenir de façon symbolique à Kédougou, donc le plus proche des populations a-t-il ajouté.

Il a décliné ensuite l’ordre du jour de la première journée :

1.                   Mise en place du Groupe de Travail ;

2.                   Définition d’une Méthodologie de travail ;

3.                   Formulation des objectifs ;

4.                   Questions diverses

A la suite du Gouverneur, le Directeur des Mines et de la Géologie, la Coordinatrice des Programmes Sociaux de MDL, le Représentant de OROMIN et le Celui de Coumba Ressources Iron and Ore ont présenté successivement leurs Programmes Sociaux devant le Préfet de Kédougou, tous les Sous-préfets du département, tous les Présidents de Conseils Ruraux, les Chefs de Services Départementaux, les Services de Sécurité (Gendarmerie, Brigade Mobile de Sûreté et Place d’Armes), la Presse, les ONG intervenants dans le département et les Responsables des Organisations de Femmes et de Jeunes.

Les participants ont eu droit à la parole après les différentes communications.

 

Aly Sagne, Chargé de Programmes-ONG La Lumière-Tambacounda-Sénégal.

17-01-2009
Par Cheikh Fall / Tambacounda.info / 

Tambacounda.info – Ce qui s’est passé mardi 23 décembre à Kédougou mérite des interrogations mais aussi et surtout un diagnostic très approfondi. En un temps record, la ville réputée la plus pacifique du pays a vécu des événements cauchemardesques, assimilables à un tsunami. Un phénomène qui a surpris tout le monde. A commencer par les autorités sénégalaises.

Tambacounda.info)

Véhicule du Gouvernuer calciné (source: Tambacounda.info)

Un aperçu sur les composantes de la population de Kédougou permettrait aux uns et aux autres d’être éclairés. Diakhankés, Malinkés, Peuls, Bassaris et Dialonkés sont les principales ethnies qui composent la nouvelle région, mais il s’y ajoute maintenant les Wolofs, les Sérères, les Diolas, les Maures, etc. Qu’est-ce qui serait à l’origine de ces émeutes ? Les jeunes seraient-ils manipulés ? Y avait-il des signes annonciateurs ? Voilà autant de questions auxquelles nous tenterons de répondre en nous basant sur beaucoup de choses qui se sont passées dans la cité collinaire et qui constituaient des prémisses qu’on pouvait gérer si on les avait prises au sérieux tout en privilégiant de facto un dialogue permanent.

Qu’est-ce qui a été à l’origine de ces émeutes d’abord ?

Nous tenterons de vous donner des réponses par rapport à toutes les interrogations qui ont été posées sans considération aucune. Primo, vous nous concéderez qu’il y a des ennuis dans toutes les localités où on exploite des ressources minières. Donc, il était quasiment impossible que Kédougou fasse l’exception; mais jusqu’à en arriver là où nous sommes aujourd’hui, personne n’y avait pensé.

Quoiqu’il en soit, il faut concéder à l’Etat sénégalais que l’existence du fonds social minier a été une grande première même si, par ailleurs, il est considéré comme une nébuleuse. Ce fonds a été mis sur pied par des compagnies minières telles que Mineral Deposits Limited (Mdl) avec sa filiale Sabodala mining company, Oromin et Arcelormittal.

Le programme social minier (Psm) résulte d’engagements spécifiques d’investissements sociaux au profit des populations des collectivités locales abritant les opérations minières qui ont été négociées dans le cadre des conventions minières entre l’Etat et les sociétés minières. Il est directement exécuté par lesdites sociétés en partant des préoccupations exprimées par les populations elles-mêmes, sous la supervision du ministère en charge des mines.

Tel était l’objectif du fonds social minier tel qu’il avait été défini, mais compris autrement par les populations périphériques. Ces dernières pensaient que les milliards dont elles entendaient parler devaient être versés dans les caisses du trésor public afin qu’ils servent les collectivités sises dans le périmètre minier des différentes compagnies signataires du programme social minier.

A cet effet, plusieurs Comités départementaux et régionaux ont été organisés dans ce sens uniquement pour lever cette équivoque qui planait dans la tête des gens. Mais, ne pouvant rien contre cette décision qui vient de l’autorité, les populations sont restées sceptiques. C’est pourquoi l’Etat en collaboration avec les compagnies minières doit instaurer un dialogue sans précédent avec les populations qui ont l’obligation d’être informées.

Ce fonds social minier a été aussi décroché avec l’appui de quelques organisations non gouvernementales telles que l’ONG « La Lumière » qui a beaucoup contribué à la capacitation des élus locaux, des jeunes et des acteurs non étatiques. Sachant que la région de Kédougou dispose de ressources incommensurables comme l’or, le marbre, le fer et éventuellement de l’aluminium, il était paradoxal, voire anormal, que cette localité soit la plus pauvre au Sénégal.

Les étudiants de Kédougou n’osaient pas aller l’université parce que n’ayant pas de tuteurs à Dakar et Saint-Louis est encore trop loin. Et c’est dans ce contexte que l’arrivée des multinationales, en l’occurrence Arcelor Mittal qui exploite le fer de Boféto, a permis à ces jeunes de sortir un peu de l’oubli. Surtout avec les fonds mis à la disposition par ces sociétés à la ville qui ont permis de louer et d’équiper un immeuble flambant neuf pour plus de soixante-dix étudiants que compte Kédougou. Chaque étudiant ne versant que la somme de 3000 Fcfa mensuellement pour les éventuelles factures à payer.

Le 7 décembre dernier, au moment où les étudiants sont arrivés à Kédougou pour passer la fête de tabaski, c’est dès leur arrivée aux environs de 14 heures qu’ils ont commencé à brûler des pneus au rond-point de la ville où Sina Sidibé serait tué à moins d’une centaine de mètres. Une situation qui a été maîtrisée par les gendarmes et sapeurs pompiers. Ils se sont entretenus avec le commandant de brigade de la gendarmerie qui leur a demandé de lui expliquer les problèmes auxquels ils étaient confrontés.

Un document a été scellé et envoyé au préfet; mais les jeunes qui attendaient à ce moment de pied ferme le chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, qui devait effectuer un voyage sur Kédougou, continuaient à tenir des réunions périodiques durant toutes les fêtes. Ces derniers voulaient accueillir le président de la République avec des brassards rouges pour montrer ce qu’ils considèrent comme injustices.

Ils ont comme soucis un manque d’emploi, la construction des routes, des politiques qui ne sont pas à la hauteur, la spoliation de leurs terres, les enseignants qui engrossent leurs élèves, bref beaucoup de problèmes qui méritent des réflexions afin qu’ils soient résolus définitivement.

Mais où étaient les autorités de la région (gouverneur, préfet) et la police et la gendarmerie qui ont l’obligation de rendre compte ? Question encore sans réponse. Depuis Dakar, le président de l’association des élèves et étudiants ressortissants de Kédougou (Aeerk) disait qu’il avait suggéré à ses camarades de régler les problèmes à l’amiable; ce qui n’a pas été fait.

Les camarades d’Amadou Diouldé Barry tiennent des réunions les 21 et 22 décembre auxquelles avaient assisté tous les mouvements associatifs pour que la mayonnaise puisse prendre. Ils ont été même invités à une radio de la place, mais les jeunes disaient toujours que la marche serait pacifique. La nuit du 22 au 23 décembre, les jeunes en fins stratagèmes, avaient fait le tour de la ville en dénichant beaucoup de pneus qu’ils avaient prévu d’incendier le lendemain sans cependant oublier les affiches qui cachaient les façades des murs des points stratégiques.

Le lendemain, ce qui devait arriver sans que personne ne le souhaite, arriva. Mais, seraient-ils vraiment manipulés politiquement ? Cette hypothèse est dégagée et balayée d’un revers de main par tous parce qu’aucun politique n’aurait recommandé aux jeunes d’incendier des institutions de la république. Auraient-ils reçu un coup de pouce de personnes malintentionnées ? L’hypothèse est probable de l’avis de certaines personnes.

Les contours encore flous de la révolte

Les jeunes, leurs parents et l’Etat. Chacune de ces parties a une grande part de responsabilité dans ce qui s’est passé le mardi 23 décembre dernier à Kédougou. Les jeunes encadrés par les étudiants, commencent à être éveillés aujourd’hui, ce qui échappe à beaucoup d’autorités administratives qui continuent à croire que le pays de feu Mamba Guirassy continue à être un lieu de pénitence.

Me Abdoulaye Wade, dès son accession au pouvoir, avait recommandé à qui le voulait, de porter un brassard rouge quand il n’était pas content. C’est ce que les jeunes de Kédougou ont à plusieurs reprises fait lors du passage de certains ministres.

Le troisième responsable de ces émeutes sanglantes du mardi noir, estiment certaines personnes à Kédougou, est l’Etat sénégalais qui n’a pas voulu, selon elles, jouer franc jeu avec les jeunes. Quand le ministre des mines déclare à l’opinion publique que l’usine de Sabodala, une fois ouverte, peut prendre 20.000 emplois, alors que les géologues et techniciens en la matière soutiennent  le contraire,  il y a problème.

Dans le même ordre d’idées, il faut signaler que des compagnies comme Oromin et Arcelor Mittal ,pour ne citer que celles-ci, sont en phase d’exploration. Et comme le comprennent bien certains jeunes, « vous savez pertinemment que celui qui cherche peut ne pas trouver et si c’est le cas il taille la route. » Donc les jeunes de Kédougou devraient penser à se former pour être les premiers bénéficiaires des retombées de l’exploitation de ces ressources.

Des plaies qui mettront du temps à guérir

Les émeutes du 23 décembre ont causé des dégâts collatéraux inimaginables. Deux morts du côté des marcheurs et de nombreux blessés sans oublier les dix-huit autres jeunes qui vont purger une peine de 5, 7 et 10 ans d’emprisonnement ferme en attendant un éventuel appel de ce jugement bien sévère. L’administration, elle aussi, en a beaucoup souffert. La préfecture, l’inspection départementale de l’éducation, le service des eaux et forets, celui de l’agriculture, la douane, la Brigade mobile de sûreté du territoire (Bms) surtout le domicile du commissaire, la gendarmerie (domicile du commandant de brigade) et le tribunal flambant neuf ont été fortement touchés. Tous ces services ont été calcinés y compris leurs mobiliers, à part quelques petits matériels qui ont pu être sauvés.

Des archives de l’époque coloniale, des dossiers de certains détenus, des requêtes pour les audiences foraines ont été emportées par les flammes. Aujourd’hui, il n’existe pratiquement plus d’administration à Kédougou. Et pourtant, des personnes animées d’une bonne foi ont toujours joué la carte de l’apaisement. L’imam Thierno Alpha Bâ, l’ancien député maire socialiste El Hadj Bocar Sidibé, la présidente des groupements féminins Adja Aya Ndiaye qui ont été rejoint par Mamadou Sylla, conseiller technique à la présidence de la République ont joué également un rôle prépondérant dans cette période de crise.

« J’ai amené la première délégation composée de dix membres chez le gouverneur pour qu’on installe le dialogue afin que la paix revienne », indiquait le sieur Sylla qui était venu au lendemain des émeutes et qui y est resté jusqu’à la veille de la rencontre entre Wade et la délégation de Kédougou. « En pareilles circonstances, précise M. Sylla, on a besoin d’être sereins et de conjuguer nos efforts sans considération aucune pour que les populations sentent que nous compatissons à la profonde affliction qui les anime. »

Cependant, il faut aussi signaler que la délégation qui était partie rencontrer le président de la République se trouve dans un état de disgrâce auprès des populations. Même si elles ont été rabrouées par l’autorité, il apparaissait aux yeux des Kédovins comme ceux qui n’ont pas eu le courage de faire la restitution telle qu’ils l’avaient annoncée à Dakar.

Une cité encore sous état de siège

Aujourd’hui, on constate que depuis le mardi noir de décembre, une forte présence d’hommes en uniformes et remarquée dans les rues. On assure que c’est pour « la sécurité » des populations. Un contingent de la légion de la gendarmerie d’intervention (lgi) et une troupe du groupement mobile d’intervention (Gmi) sur commande des autorités sont là. Cette force de dissuasion rassure les populations de Kédougou, ville frontalière de la Guinée et du Mali. Cela, parce que les jeunes délinquants et autres malfaiteurs en errance, n’ont plus droit de cité.

Selon nos sources, les hommes en bleu en ont pour six mois avant d’être remplacés par d’autres troupes. Par ailleurs, il est bon de préciser que les activités économiques, sociales, professionnelles et même « politiques » ont repris. La situation que vient de vivre la petite ville verte du sud-est pose de manière lointaine toute la stratégie de gouvernance des villes africaines proches des mines de pétrole, d’or et de diamant. Des sortes de No man’s land laissés aux multinationales et à la logique de l’argent qui mine toute forme de vie. Au seul nom de la rentabilité économique et financière.

19-01-2009

Source APS / Publier dans:

L’absence de route reliant Kédougou à Dindéfélo, nouvellement érigé en communauté rurale, bride la vocation touristique de ce village devenu un pôle d’attraction dans la région notamment du fait de sa cascade, a indiqué le responsable des jeunes de Dindéfélo. ‘’On veut vraiment que Dindéfélo continue à être le pôle d’attraction ici, mais pour cela, il faudrait encore qu’on nous aide par la route, parce que les gens ont envie de venir, mais la route, elle est ce qu’elle est. C’est la seule portion de route où pour 35 m, on fait 4 heures, les bonnes 4X4 feront deux heures, l’hivernage, c’est 4 heures’’, a dit Karim Camara, vendredi, en marge d’un séminaire sur le leadership féminin et les droits humains.

APS)

chutes de Dindéfélo à Kédougou (source:APS)

 

 

’Des fois, on est même coupé (de Kédougou), les gens vont (…) chercher le ravitaillement à vélo, c’est des choses vraiment qu’on déplore’’, a dit M. Camara en marge de cette rencontre de trois jours à Dindéfélo (près de la montagne en peul). ‘’Quand on parle de tourisme dans la région de Kédougou, la première chose que les professionnels du tourisme brandissent, c’est la cascade de Dindifélo, à ce titre, elle représente un attrait pour les touristes qui viennent à des périodes indéterminées’’, a-t-il ajouté.

D’ailleurs, c’est dans l’optique de faire de ce village une zone touristique de choix que dans le cadre d’un partenariat avec le conseil régional de Lisière en France, 20 jeunes originaires de la localité, ont été formés comme guides accompagnateurs nature, a-t-il renseigné.

Le campement qui a accueilli le séminaire a été réalisé par l’un d’entre eux, et d’autres s’en sortent dans le secteur du tourisme, a dit Karim Camara qui coordonne par ailleurs l’antenne régionale du Centre africain pour l’éducation aux droits humains (CAEDHU) et travaille la radio communautaire de Kédougou.

Concernant les attentes par rapport au conseil rural qui sera mis en place à l’issue des prochaines locales suite au nouveau découpage administratif qui a fait de leur village, une communauté rurale, M. Camara a déclaré : ‘’on aimerait qu’il valorise les richesses (touristiques) parce qu’elles existent’’. ‘’Il y a beaucoup de curiosités touristiques dans la zone, il suffit de les valoriser de les faire connaître’’, a-t-il fait valoir, citant en plus de la cascade qui draine beaucoup de personnalités du pays ainsi que des étrangers, la malle de Pélél, l’empreinte du chasseur de Tépérédiantoung, la cascade de Ségou, celle de Afia, les grottes de Dandé, le fleuve Gambie avec sa particularité de mangrove où l’on peut voir les hippopotames et les chimpanzés.

Soulignant les nombreuses possibilités qu’il y a de développer le tourisme écologique dans la zone, il a noté la nécessité de nouer un partenariat à travers la coopération décentralisée. ‘’J’espère que le conseil, une fois mis en place, va s’atteler à créer des partenariats avec des conseils régionaux d’autres pays pour venir en appoint à la formation, à la valorisation (et) à la promotion des curiosités touristiques de notre zone’’, a-t-il dit.

Dindifélo est village de plus de 1.400 habitants logé au flanc d’une colline en forme d’arc dans sa partie orientale. La Guinée qui est de l’autre côté, le premier village, celui de Lougué se situant à sept kilomètres. ‘’L’eau, la route l’emploi, c’est vraiment les principales urgences dans cette localité de Dindifélo’’, a-t-il résumé, relevant que les deux forages existants sont souvent en panne.

Les 35 kilomètres qui séparent Dindéfélo de Kédougou, ponctués de ravins et ruisseaux à travers un relief particulièrement accidenté, constituent un véritable parcours du combattant, pour les visiteurs, même à bord d’une voiture 4X4.

Fondé au début des années 1920 par un chasseur du nom de Manga Dian Pathé Traoré, ce village a par la suite reçu des vagues de populations en provenance de la Guinée, notamment du temps du régime de l’ancien président Sékou Touré, a noté Karim Camara. Aujourd’hui, Dindéfélo compte deux campements et une auberge, reçoit des touristes, en majorité des Espagnols avec des piques d’affluence en août, avril et décembre, a noté Mamadou Sylla responsable de l’une de ces installations touristiques.

Commentaires

 

http://www.tambacounda.info/societe/labsence-de-route-bride-la-vocation-touristique-de-dindefelo-selon-un-responsable.html

Par Muriel Biton / Tambacounda.info / http://www.tambacounda.info/kedougou/emeutes-de-kedougou-comment-ithiar-p.-boubane-a-t-il-pu-etre-condamne-a-10-ans-de-prison-ferme-.html

L’histoire d’un étudiant sénégalais généreux, ambitieux, pacifiste, visionnaire,
acteur bénévole du développement pour le Sénégal Oriental

 

Tambacounda.info –  Ithiar Paulin Boubane (23 ans) est originaire de Egatch, dans la région de Kédougou. C’est un jeune de la brousse, une des ces brousses si éloignées de la capitale. Après un véritable parcours du combattant, il réussit brillamment ses études, empoche le bac à 18 ans, dans la ville de Kédougou, puis avec le soutien financier de sa communauté, part étudier à Dakar. Nouvelles études brillantes qui lui permettent d’intégrer en 2008 le Master Tourisme à la prestigieuse école supérieure IAM de Dakar. Car depuis le départ, Ithiar sait ce qu’il veut, étudier et apprendre pour retourner dans sa région et la développer. Il croit à un tourisme solidaire et écologique, qui bénéficierait d’abord aux populations, tout en préservant l’une des plus belles régions du Sénégal.

Mais ce n’est pas tout, conscient des difficultés paysannes et de scolarisation dans sa région, Ithiar Paulin Boubane s’est très tôt engagé bénévolement pour le développement du Sénégal Oriental :
– Depuis 4 ans, il participe à des actions utiles et solidaires dans les domaines de l’agriculture, de la scolarisation et du tourisme solidaire avec le GIE KEUR METIS à Kédougou. En 2008, il devient secrétaire du GIE KEUR METIS, et principal correspondant de l’association Coeurs
Métis en France.
– Parallèlement, il crée et préside l’Association Nationale des Elèves et Etudiants Bassaris, l’ANEEB. Il s’agit d’une structure d’entraide et de relais pour le soutien scolaire et l’hébergement des élèves de brousse qui étudient à Kédougou, Tambacounda et Dakar.

Des projets utiles pour 2009


Cofinancer la fabrication de charrues pour encourager l’autosuffisance alimentaire, faciliter la scolarité de nombreux enfants en écoles de brousse et développer le tourisme solidaire en relation avec des partenaires français, tels sont les principaux objectifs des nombreux projets concrets que Ithiar Paulin Boubane comptait conduire en cette année 2009.

Une manifestation qui tourne mal


Décembre 2008, Ithiar Paulin Boubane revient à Kédougou pour passer les vacances de fin d’année en famille, et organiser ses actions avec le GIE KEUR METIS. Il retrouve ses amis et frères les étudiants de Kédougou, et d’autres jeunes, plus ou moins en galère, et dont l’avenir est incertain : ils se demandent en effet « Comment rester dans notre région natale si l’on n’y trouve pas d’emploi ? La migration vers Dakar d’abord puis l’émigration sur les pirogues ensuite sont-elles une fatalité ? Pourquoi les promesses de nos gouvernants ne sont-elles jamais tenues ? Pourquoi les sociétés minières recrutent-elles en masse du personnel étranger et pas nous ? Nos soeurs sont tentées par la prostitution, nos pères par la corruption, nos terres sont bradées, nos valeurs bafouées…Nous devons nous faire entendre car nous avons des droits… » En tant que grand frère, Ithiar Paulin Boubane s’implique dans l’organisation de la manifestation pacifique du 23 décembre et il m’écrit : «(…)Suite à une marche que nous, étudiants de Kédougou, avons organisé pour revendiquer et dénoncer certains fléaux comme le chômage et la propagation du SIDA, nous avons été contraints par la brigade et les militaires ! (…) ». Oui ! La manifestation déborde, des coups de feu, des blessés et même un mort…

Victime de sa générosité et de son intégrité ?


Peu après, Ithiar Paulin Boubane est cueilli dans son village à 80 km de Kédougou, puis emprisonné à Tambacounda. Il a été jugé vendredi 9 janvier 2009 et condamné avec d’autres jeunes Kedovins à 10 ans de prison ferme ! C’est vrai que Ithiar Paulin Boubane aurait mieux fait de ne penser qu’à sa réussite personnelle et s’assurer sa place au soleil… C’est vrai que Ithiar Paulin Boubane aurait mieux fait d’abandonner sa misérable région et d’aller remplir les pirogues de la honte… C’est vrai aussi qu’il aurait dû faire de la politique politicienne, égoïste et corruptrice… NON ! Ithiar Paulin Boubane a choisi d’être solidaire de sa région et des siens. Il a des convictions profondes : étudier dans son pays pour rester libre de vivre chez lui, en toute dignité. Voilà probablement pourquoi il a été condamné à 10 ans fermes. Jeune homme intègre, doux et généreux, jeune homme épris de justice, juste un peu indigné par ce qui se passe dans sa région… Jeune homme qui manifeste et qui paie pour les autres, parce qu’un jeune homme qui réfléchit et qui s’investit dans le bien être de sa communauté, c’est un jeune homme dangereux…10 ans fermes !!!!! « Lorsqu’il faut choisir entre liberté et érudition, qui ne dira que l’on doit mille fois préférer la première à la seconde ? ». C’est sûrement cet adage de Gandhi qui aura valu 10 ans fermes à Ithiar Paulin Boubane.
Mais aujourd’hui, où sont les preuves que Ithiar Paulin Boubane a participé aux dégradations et aux vols d’armes commises à Kédougou suite à la mort du jeune Sidibé ? Aujourd’hui, comment maintenir l’espoir de plusieurs générations si on emprisonne aussi facilement ceux qui arrivent à mener tant bien que mal leurs études, ceux qui s’impliquent personnellement dans le développement social de leur région ? Comment ne pas craindre que cela continue, que le sentiment d’injustice l’emporte et que la situation ne s’aggrave ?

Il faut libérer immédiatement Ithiar Paulin Boubane, Fatim Ba, Issa Diallo, Aliou Monekhata et leurs amis. Tous ces jeunes leaders associatifs, d’Ong, d’amicales sont les forces vives du futur de la région de Kédougou, ils sont engagés pour leur avenir, celui de leurs communautés. Ils sont embastillés à cause de leurs engagements ! Mais qui a peur d’eux ?

Muriel Biton, mbcoeursmetis@yahoo.fr Vice-présidente, fondatrice de l’association Coeurs Métis en France et du GIE KEUR METIS à Kédougou http://www.coeurs-metis.org