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Fatick, le 6 novembre 2015

Par Aly Sagne

Visite de solidarité de la Coalition des OSC africaine sur la BAD à la Communauté affectée par le projet de centrale électrique à charbon de Sendou financée par la BAD
I.CONTEXTE ET JUSTIFICATION
1.1 CRISE ENERGETIQUE SANS PRECEDENT DEPUIS PLUS DE 20 ANS
A l’instar de la plus part des Etats africains, le Sénégal fait face à une crise énergétique chronique qui se manifeste par un déficit important dans fourniture d’électricité, avec une demande nette en électricité sur le réseau est estimée à 2.489,57 GWh , contre une offre disponible prévisionnelle de 2.484 GWh, soit un déficit de production de 5.514 MWh.
Cette situation est accentuée par :
La dégradation des moyens et des capacités de production de la Société Sénégalaise d’électricité (SENELEC). En effet, plus de 60% des infrastructures de production de la SENELEC sont vieilles et ont dépassé leur durée d’exploitation normale ;
Une très forte dépendance au pétrole : Importation de près de 600.000 tonnes de consommation de combustibles, pour plus de 35 % de la consommation nationale d’hydrocarbures ;
Et enfin, la difficulté de mobilisation des investissements dont a tant besoin le secteur.
1.2 CONSEQUENCES
En conséquence, cela se traduit par :
1.Une perturbation dans la production et la distribution de l’énergie électrique,
2.Des délestages ;
3.Une baisse de performances des activités économiques ;
4.La frustration des usagers dont les ménages ;
5.Un accroissement des tensions politiques et sociales à travers tout le pays.
Pour relever ce défi, le gouvernement du Sénégal avait décidé de construire une centrale électrique à charbon sur un site de 29 hectares situé à 35 km de Dakar, dans le village de Sendou, près de Bargny, avec le concours financier de la Banque Africaine de Développement (BAD) qui a approuvé un prêt de 55 millions d’Euros le 25 novembre 2010 au profit des promoteur dont le chef de fil est Nykomb Synergetics Development AB qui était à la tête du Consortium CES (Compagnie d’Electricité du Sénégal).
II. REPERCUSSIONS SOCIALES ET ENVIRONNEMENTALES

Le Président Takkom Jerry (au milieu)

Le Président Takkom Jerry (au milieu)

En 2010, la Coalition des OSC sur la BAD avait financé une étude relative à la transparence et aux répercussions sociales et environnementales de ce projet. Les résultats de cette recherche montraient nettement à l’époque l’existence de risques sociaux et environnementaux majeurs.
En 2014, Lumière Synergie pour le Développement (LSD) s’est encore intéressée à ce projet avec l’appui de Both Ends en analysant en profondeur les Etudes d’Impacts Environnementales et Sociales (EIES) qui confirmaient également un certain nombre d’impacts négatifs qui ont effectivement poussés les communautés hôtes à se dresser contre cette centrale à charbon.
En effet, pour régler le problème de l’érosion côtière (avec une avancée d’environ 1 à 3m/an) affectant les habitations de la ville de Bargny, la Mairie avait réalisé un lotissement de 1433 parcelles destinées aux populations victimes. Cependant, sous prétexte d’utilité publique, le gouvernement a attribué au projet ce site sans la moindre compensation aux ayants droits.
Cultural heritage of Bargny in dangerEn plus de cela, il y a des craintes de pollutions (le plus grand désaccord entre les populations, car la communauté vie de pêche principalement et les déversements d’eaux chaudes de la centrale va tuer la mer) ;
La perte d’emplois pour quelques 1500 femmes sécheuses de poissons et saisonniers qui travaillent sur le site et exportations vers le Burkina Faso avec un chiffre d’affaire d’environ 2 milliards de FCFA/an.
L’Association environnementale Takkom Jerry et le Collectifs des personnes affectées par le projet ont eu plusieurs contacts avec le gouvernement, les entreprises et la société civile pour défendre les droits de la communauté. A cet effet, une plainte a été déposée au Point de Contact National (PCN) de l’OCDE le 30 avril 2013 et une autre est entrain d’être préparée pour la BAD, la BOAD et la FMO.
Actuellement les travaux sont suspendus depuis plus de 6 mois sur le chantier, mais le projet n’est pas arrêté et ce, malgré l’opposition farouche de la communauté dont l’actuel Maire.
C’est dans ce contexte que s’inscrit la visite du Coordonnateur de la Coalition des OSC sur la BAD qui vient ainsi renforcer son soutien à LSD dans sa campagne pour défendre les communautés affectées de Bargny.
III.OBJECTIFS
1.Rencontrer les communautés et échanger avec elles sur leurs perspectives ;
2.Visiter le site du projet de Sendou ;
3.Appuyer LSD dans ses démarches pour avoir un dialogue avec la BAD à Dakar.
IV.PERIODE
Le coordonnateur de la Coalition est attendu à Dakar le jeudi 11 novembre 2015. Après un briefing au siège de LSD le même jour, une séance de travail sera organisée avec les responsables du projet à la BAD (le 12 ou le 13) et la visite de site sera programmée le samedi 14 novembre 2015.
Puis un point de presse sera organisé à la fin de la visite de soutien aux communautés.
Enfin, le retour du coordonnateur est prévu le dimanche 15 novembre 2015.

Dakar, le 3 octobre 2015

Lancement du projet avec l'appui de OSIWA

                                               Lancement du projet avec l’appui de OSIWA

Dans le cadre de le mise en œuvre du projet « Combler l’écart en matière de  transparence, de redevabilité et de droits de l’homme au sein des banques publiques d’investissement au Sénégal » LSD avec l’appui financier de Open Society Initiative West Africa (OSIWA), organise du 2 au 3 octobre 2015 à Dakar, un atelier de renforcement de capacités des journalistes sur la question relative à la gouvernance et à l’engagement de la société civile autour des politiques et opérations des IFIs et autres MDBs.

Participants venant de 8 groupes de presse

Participants venant de 8 groupes de presse

L’atelier a pour objectifs de :

  1. Renforcer les compétences des journalistes dans la connaissance des IFIs/BMDs et leurs mécanismes de redevabilité ;
  2. Permettre aux journalistes de disposer de compétences thématiques et de les lier aux grands enjeux de développement au niveau national et international ;
  3. Créer les conditions permettant aux journalistes ciblées de traiter plus en profondeur ces questions afin que les citoyens soient mieux informés sur les politiques et opérations de ces BMLDs qui investissent au Sénégal et dans la sous-région ;
  4. Partager avec les journalistes des expériences de bonnes pratiques dans le journalisme d’investigation.

Les Institutions Financières Internationales (IFIs) et autres Banques Multilatérales de Développement (BMLDs) jouent un rôle important dans le financement du développement de l’Afrique en général et du Sénégal en particulier et participent aujourd’hui à l’effort crucial de lutte contre la pauvreté et la réalisation d’infrastructures.

Communication délivrée par Aly/LSD

Communication délivrée par Aly/LSD

Cependant, les opérations des IFIs/MDBs n’apportent pas toujours le bonheur dans les communautés hôtes et ces dernières manquent très souvent d’expertise et de moyens pour apprécier leur travail et contraindre ces acteurs économiques particuliers de rendre compte.

Cette situation est aggravée par le fait que les médias et les populations ne sont guère conviés à ces occasions que lorsqu’’il s’agit de signer des conventions de financement et/ou quand il s’agit simplement de réceptionner ou d’inaugurer des ouvrages réalisés à partir de ces financements.

Le cas du projet de centrale à charbon de Sendou à Bargny est très illustratif : un projet du gouvernement du Sénégal[1] visant à résorber le déficit énergétique chronique du pays mais qui occasionne en même temps la perte de terres, de moyens de subsistance de plus de 1000 femmes et autant de pêcheurs ; mais également des risques environnementaux potentiels énormes, sans pour autant que les communautés locales soient informées, éclairées et édifiées sur leur avenir.

Dans ce contexte, la société civile de façon générale doit être beaucoup plus attentive aux opérations et impacts des IFIs/MDBs afin de jouer pleinement son rôle intrinsèque de veille et d’alerte. Or, elle ne dispose pas toujours des capacités et/ou des connaissances nécessaires sur ces acteurs financiers spéciaux pour pouvoir effectivement s’engager.

LSD a développé une expertise dans ce domaine depuis quelques années, à travers plusieurs réseaux de la société civile dont la Coalition des OSC sur la BAD, le réseau EuroIFInet, le réseau ADB Forum et la Coalition Bank on Human Rights, dont la participation à plusieurs initiatives visant à renforcer la transparence et de redevabilité dans les IFIs[2].

Dans ce contexte,  les médias ont un rôle important à jouer, notamment pour assurer que les citoyens soient régulièrement informés et alerter également les communautés et les décideurs quand des risques surviennent. A cet effet, il est donc nécessaire, voire incontournable d’engager au Sénégal un nombre critique de médias pour travailler sur cette thématique porteuse et novatrice.

Pendant 2 jours, les professionnels des media seront formés sur les opérations et les mécanismes de transparence et de redevabilité des IFIs dont la BAD en particulier au Sénégal.

Aujourd’hui, les participants vont visiter le site du projet de centrale à charbon de Bargny communément appelé ‘’Centrale de Sendou ».

[1] La centrale de charbon de Sendou est cofinancée par la BAD à hauteur de 36 milliards d’Euros en 2009

[2] Notamment des études sur le PAPIL, la Centrale à charbon de Sendou, des campagnes de plaidoyer contre la BM et la participation aux processus de révision des politiques : Accès à l’information de la BM (2009) et de la BAD (2010) ; Politique dans le domaine de l’énergie de la BAD (2010) ; De sauvegardes de la BAD (2012) et de la BM (en cours) ; Du Mécanisme Indépendant d’Inspection de la BAD (2014), etc.

Source: http://www.afdb.org/fr/news-and-events/article/afdb-partnership-with-csos-to-spur-development-in-africa-13900/

15/01/2015

Le comité conjoint composé de représentants de la Banque africaine de développement et d’organisations de la société civile (les OSC) a été  relancé dans le but de dynamiser le partenariat entre les deux parties  en vue du renforcement du développement sur le continent.

Le Comité, qui a été  réactivité au cours d’une réunion de deux jours entre la Banque et les OSC, discutera de la préparation d’un plan de travail, des modalités de sa mise en œuvre ainsi que d’une structure de responsabilisation. « Les OSC sont des partenaires de premier plan pour nous, particulièrement dans la promotion de la redevabilité, de la transparence et de la bonne gouvernance. La redevabilité est une dimension clé dans la réalisation de notre objectif, et nous pourrions certainement être plus performants en bénéficiant d’un outil d’évaluations extérieures, surtout venant d’organismes comme les OSC », a déclaré Rakesh Nangia, président du Comité, lors de l’ouverture de la réunion le 14 janvier au Siège de la Banque à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

S’adressant aux participants à la réunion, qui comprenaient les chefs des organisations de la société civile au niveau régional et les représentants des secteurs clés concernés au sein de la Banque, il a réitéré l’importance de renforcer l’engagement avec les OSC. « La Banque reconnaît et apprécie l’expertise et les contributions des OSC, qui sont indispensables à la réalisation du développement durable en Afrique », a expliqué M. Nangia, qui est également l’évaluateur général du département de l’évaluation indépendante du développement (IDEV) de la Banque.
Ses commentaires ont été repris par Mamadou Goita, président du la Coalition de la société civile, qui a décrit le rôle crucial que peut jouer la société civile en aidant la Banque à élaborer des projets répondant mieux aux besoins des communautés. « Il faut que nous soyons impliqués dès le premier stade d’élaboration des projets, car nous connaissons bien les contextes dans lesquels évoluent nos différentes communautés. Nous pourrons ensuite contribuer à l’avancement des dossiers jusqu’aux stades de la mise en œuvre et du suivi-évaluation », a déclaré M. Goita.

Il a pris comme exemple les récentes interventions contre l’Ebola, faisant ressortir que les organisations de la société civile auraient pu avoir été mises à contribution pour aider à agencer les différentes facettes de l’assistance apportée par la Banque. « Nous sommes ceux qui évoluent sur le terrain et nous connaissons donc les besoins spécifiques qui s’y présentent ; ça peut être un soutien pour identifier des personnes qualifiées en matière de dispense de soins, le problème de la drogue, ou même la construction de nouveaux hôpitaux, entre autres dossiers ». En août de l’année dernière, la Banque a approuvé une subvention de 60 millions de dollars US afin d’aider à renforcer les systèmes de santé publique de l’Afrique de l’Ouest et d’être en mesure de s’attaquer à la crise de l’Ebola.

La question de l’engagement avec les OSC des États fragiles a aussi été soulevée de manière précise et a abouti à la présentation de recommandations portant sur le financement durable et sur le développement institutionnel des organisations, y compris le renforcement de leurs capacités, dans le long terme.

Toutefois, des appels ont été lancés pour que tout un ensemble d’OSC tant internationales que locales opérant dans les États fragiles travaillent de concert, afin qu’elles arrivent à renforcer la mise à disposition de services. « Il est possible que les ONG internationales ne soient pas capables d’intervenir sans l’engagement des ONG locales. Les deux doivent collaborer pour s’assurer que les meilleurs résultats soient obtenus », a signalé Baboucarr Sarr, coordinateur en chef  fragilité régionale, au département de l’appui transitionnel de la Banque. Cela, a-t-il ajouté, est un enseignement clé qui a été tiré des interventions et du travail réalisés dans la Corne de l’Afrique.

Le partenariat BAD-OSC s’inspire du Cadre d’engagement consolidé avec les organisations de la société civile, qui se situe dans le droit fil de la Stratégie décennale de la Banque (2013-2022).

http://www.irinnews.org/fr/report/100583/l-avant-projet-de-cadre-int%C3%A9gr%C3%A9-de-la-banque-mondiale-ne-fait-pas-l-unanimit%C3%A9 

BANGKOK, 7 septembre 2014 (IRIN) – Les militants s’inquiètent de la possibilité d’un recul dommageable dans les politiques de sauvegarde de la Banque mondiale. Ils estiment en effet que les changements proposés, qui doivent être examinés cet automne, pourraient affaiblir les droits des peuples autochtones et des autres personnes exposées aux déplacements et aux mauvais traitements dans le cadre des projets de développement financés par l’organisation. 

« Cette [version des politiques de sauvegarde] risque, si elle est approuvée, d’entraîner un retour des mauvais traitements à l’encontre des peuples autochtones », a dit Joan Carling, Secrétaire générale du Pacte des peuples autochtones d’Asie (Asia Indigenous Peoples Pact, AIPP), un réseau qui opère dans 14 pays asiatiques. 

Selon la Banque mondiale, « [c]ette proposition prévoit la création d’un cadre de gestion environnementale et sociale qui reprend les politiques de sauvegarde en vigueur depuis des décennies et les regroupe dans une structure actualisée et intégrée permettant une mise en œuvre plus efficiente et plus efficace de ces politiques ». 

Les militants estiment toutefois que l’avant-projet de cadre actuel entraîne une dilution des garanties existantes et omet de considérer les droits autochtones dans les projets financés par la Banque mondiale en obtenant « un consentement donné librement, au préalable et en toute connaissance de cause » pour les interventions de développement. Les changements proposés, qui comprennent l’ajout d’une « option de sortie », pourraient laisser les décisions en matière de développement à l’entière discrétion des gouvernements. 

« Pour que les mécanismes de réclamation fonctionnent, les normes environnementales et sociales doivent être claires et avoir un caractère contraignant », a dit Kristen Genovese, une avocate chevronnée qui travaille pour le Centre pour le droit environnemental international (Center for International Environmental Law, CIEL), un organisme de surveillance basé à Washington. 

Plus de 50 milliards de dollars de fonds consacrés à l’aide au développement pourraient ainsi être investis dans des projets entraînant l’éviction ou le déplacement potentiel de populations ou omettant de compenser adéquatement les communautés pour les pertes de ressources encourues. Il n’est dès lors pas étonnant que les pressions exercées sur la Banque mondiale aient augmenté à l’approche de la réunion du conseil d’administration, qui a eu lieu le 3 septembre dernier. 

Lacune 

L’avant-projet conserve l’obligation d’obtenir des populations affectées par les projets un « consentement donné librement, au préalable et en toute connaissance de cause » pour la réinstallation ; le versement d’une juste compensation ; le respect des droits des travailleurs ; et l’aide au développement non discriminatoire. Le document inclut cependant des options permettant à la Banque mondiale de contourner ses obligations, ce qui laisse aux gouvernements toute liberté quant à la suite à donner aux projets – et la possibilité de ne pas tenir compte des droits des peuples autochtones. 

« Le fait de permettre [aux gouvernements] de ne pas reconnaître des groupes [comme étant autochtones] est extrêmement problématique, surtout lorsque l’on sait que les gouvernements sont nombreux à avoir commis des violations des droits des peuples autochtones au fil de l’histoire », a dit Jessica Evans, chercheuse principale sur les institutions financières internationales à Human Rights Watch (HRW). 

Selon la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA), on définit comme autochtones les peuples qui sont liés par une continuité historique avec des groupes précoloniaux, qui entretiennent des liens forts avec les ressources naturelles et la terre – qui constituent la base de leur survie culturelle et physique – et qui s’identifient eux-mêmes comme autochtones dans le cadre de leurs systèmes de croyances, qui diffèrent de ceux de la société dominante. 

La DNUDPA a été adoptée par 143 pays, mais sa mise en œuvre à l’échelle nationale est demeurée limitée. L’avant-projet de la Banque mondiale accorde aux gouvernements la possibilité de ne pas reconnaître le statut autochtone des personnes affectées par les interventions de développement financées par la Banque mondiale si cette reconnaissance peut causer des conflits ou si elle va à l’encontre de la constitution du pays. 

Selon une déclaration publiée le 30 juillet au sujet des politiques de sauvegarde proposées, la Banque mondiale peut être exemptée de l’obligation d’accorder des protections aux peuples autochtones « [d]ans des situations exceptionnelles, lorsque les tensions ethniques ou les troubles civils risquent d’être exacerbés ou lorsque la désignation de peuples autochtones comme tels n’est pas conforme aux dispositions de la constitution du pays […] » 

Alors que l’avant-projet de cadre est sur le point d’être examiné par le conseil d’administration de la Banque mondiale, les militants soutiennent que les consultations menées auprès des groupes autochtones pour l’élaboration et la mise en œuvre des projets de développement n’auront, à l’avenir, que peu d’impact si les nouvelles garanties ne subissent pas une refonte majeure. 

« S’ils décident d’inclure l’option de sortie en ce qui concerne la reconnaissance des groupes autochtones, ces derniers en ressentiront durement les effets », a averti Mme Carling, de l’AIPP, ajoutant que le refus d’un gouvernement de reconnaître le statut autochtone de nombreuses minorités ethniques peut contribuer à l’apatridie, à la pauvreté et à des déplacements forces.

Historique de mauvais traitements 

On craint notamment que les garanties proposées n’entraînent un déplacement de la responsabilité environnementale et sociale de la Banque mondiale vers les gouvernements emprunteurs, ce qui signifie que les fonds pourraient être versés à des États qui sont déjà connus pour accaparer des terres, se livrer à la corruption et commettre des violations des droits de l’homme. 

Au cours des dernières années, des chercheurs ont documenté des cas d’évictions forcées liés à des projets financés par la Banque mondiale dans des communautés pauvres. 

Amnesty International a par exemple rapporté que 9 000 habitants de Badia-Est, une communauté de Lagos, au Nigeria, avaient été expulsés de leurs foyers pour permettre la construction d’appartements de luxe. Selon le Centre pour des politiques alternatives (Center for Policy Alternatives, CPA), une organisation non gouvernementale (ONG) srilankaise, 135 000 familles seront relocalisées au cours des trois prochaines années à Colombo, la capitale du Sri Lanka, pour permettre le développement urbain. 

À Badia-Est, les manifestations contre la destruction des foyers des membres de la communauté satisfaisaient toutes les conditions pour qu’une enquête complète de la Banque mondiale soit ouverte. Or, les huit membres du conseil de la Banque ont plutôt décidé de lancer un projet pilote de réinstallation prévoyant une compensation inférieure d’un tiers au taux du marché pour les logements informels situés à Lagos. 

« La compensation était si faible qu’elle ne leur a pas permis de s’installer ailleurs que dans un autre bidonville ou un autre lieu d’hébergement précaire, les exposant dès lors au risque d’une nouvelle éviction forcée », a dit Alessandra Masci, analyste principale sur les entreprises et les droits de l’homme pour Amnesty International et principale responsable du cas de Lagos. 

Le projet pilote de la Banque, mis en œuvre en novembre 2013, s’inscrit dans la nouvelle orientation de l’institution (et de l’avant-projet de politiques de sauvegarde qui est actuellement examiné). Selon les analystes, l’utilisation d’un langage vague permet une certaine flexibilité en matière décisionnelle pour la Banque mondiale et le gouvernement emprunteur. Les pauvres sont laissés à eux-mêmes et doivent se débrouiller tous seuls. 

« Les banques et les panels se placent en retrait et laissent les communautés négocier seules avec des entités beaucoup plus puissantes qu’elles », a expliqué Mme Masci. 

Dans le cas du Sri Lanka, le gouvernement utilisera 213 millions de dollars prêtés par la Banque mondiale pour déplacer de force quelque 300 000 personnes dans le cadre du projet de développement urbain du grand Colombo (Metro Colombo Urban Development Project, MCUDP), selon le CPA. 

Un engagement pour en finir avec la pauvreté ? 

Les critiques estiment que de solides garanties sont nécessaires pour protéger les personnes vulnérables, sans quoi les droits des groupes autochtones continueront d’être violés dans le cadre de projets de développement et l’atteinte de l’objectif que s’est fixé la Banque mondiale – qui est d’en finir avec la pauvreté – s’en trouvera entravée. 

Les Autochtones comptent pour 5 pour cent des habitants de la planète, mais ils représentent, [selon les Nations Unies], 15 pour cent de la population mondiale vivant sous les seuils de pauvreté nationaux. 

Certains craignent que l’émergence des banques de développement chinoise et japonaise, de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures et de la Banque de développement des BRICS et l’accroissement de la concurrence qui y est associé n’alimentent la peur de perdre des clients et ne déclenchent une course vers l’abîme (« race to the bottom »). Les experts estiment que la Banque mondiale devrait considérer ses politiques de sauvegarde comme une façon d’affirmer sa position de leader mondial. 

« La concurrence a du bon. Elle suppose en effet un accroissement des sommes disponibles pour le développement », a dit Mme Evans, de HRW. « La Banque mondiale devrait montrer aux autres prêteurs les bonnes pratiques et servir de modèle pour les banques de développement. » 

Sophie Chao, administratrice de projets pour Forest People’s Programme (FPP), une organisation de défense des droits autochtones et environnementaux basée aux Pays-Bas, a dit : « La définition des normes est une tâche qu’une institution aussi puissante et influente que la Banque mondiale devrait considérer comme obligatoire, et non optionnelle. » 

« Ils disent que leur principal objectif est de mettre un terme à la pauvreté, mais à qui s’adresse réellement le développement si ce n’est aux pauvres ? » a dit Mme Carling. 

Source: http://www.afdb.org/en/consultations/afdbs-civil-society-engagement-framework/

The AfDB’s E-Consultation on its Civil Society Engagement Framework-Have your Say!

Over the past decade, the African Development Bank (AfDB) has become more transparent and accountable to its member countries and the broader public, developing and promoting new mechanisms and policies to better identify and integrate the African citizen aspirations. The Civil Society Organization (CSO) Engagement Framework, which participates in this vision, as presented in the Medium-term Strategy (MTS) 2008-2012, is designed to strengthen and sustain the Bank’s engagement with CSOs. This engagement will enhance the Bank’s programs and policy documents as well as mainstream and broaden the participation of CSOs in management for development results in Regional Members Countries (RMCs).

The CSO comprises the full range of formal and informal organizations within society. According to the bank’s official definition,

« Civil society encompasses a constellation of human and associational activities operating in the public sphere outside the market and the state. It is a voluntary expression of the interests and aspirations of citizens organized and united by common interests, goals, values or traditions, and mobilized into collective action either as beneficiaries or stakeholders of the development process. Though civil society stands apart from state and market forces, it is not necessarily in basic contradiction to them, and it ultimately influences and is influenced by both.

‘Civil Society’ is the collective noun, while ‘civic groups’ are the individual organizations that constitute the sector. The myriad of civic organizations in civil society include, but are not limited to, non-governmental organizations (NGOs), people’s and professional organizations, trade unions, cooperatives, consumer and human rights groups, women’s associations, youth clubs, independent radio, television, print and electronic media, neighbourhood or community based coalitions, religious groups, academic and research institutions, grassroots movements and organizations of indigenous peoples. »

AfDB’s engagement with civil society began when the Bank developed a policy paper and a set of procedures, mechanisms and guidelines to orient its cooperation with non-governmental organizations (NGOs) following the first AfDB/NGO consultative meeting, held in Abidjan in 1990. The policy for cooperation with CSOs was revised and updated in 2000. The revised policy reflects the Bank’s enhanced commitment and focuses on the broader concept of civil society. To guide and facilitate collaboration between the Bank and CSOs, a joint committee was established in 2000. In March 2010, a CSO Forum was held in Tunis and resulted in an agreement to enhance cooperation and collaboration between the Bank and African civil society community with a view to updating the existing Engagement Framework.

The present CSO Framework proposes two elements to consolidate the 2000 Policy on Civil Society Cooperation: (i) strengthening the three-tier engagement mechanism/modality at the corporate, country and project levels, and (ii) reinforcing the Bank’s support to CSOs.

The CSO Engagement Framework aims to maximize opportunities for developing partnerships with CSOs at the corporate, country and project levels. The overarching objective of the framework is to help the Bank achieve greater results and impacts through improving its collaboration with CSOs and strengthening the existing mechanisms for participation and coordination.

The specific objectives of the framework are to (i) strengthen the Bank’s capacity to build cooperative working modalities with CSOs, (ii) promote staff interactions with CSOs in a way that enhances the Bank’s work and contributes to the effectiveness of its support for its regional member countries and (iii) provide operational guidance for the Bank’s headquarters, regional resource centers, country offices and project staff. This will be achieved by enhancing the partnerships and building strong alliances, ensuring a clear communication approach while ensuring consistency with Bank’s disclosure policy and building on lessons from previous experiences of Bank’s interaction with CSOs.

To operationalize this framework in a context of decentralization and limited resources, two areas have been selected: effective use of field office staff and staff training on appropriate approaches to effective CSO engagement. The development of the CSO framework will adequately define the Bank’s areas cooperation with the various categories of civil society. It will also set up guidelines for the collaboration with these key actors and update the Bank’s policies related to cooperation and engagement with CSOs.

In fact, the new framework clearly identifies specific ways in which CSOs can consolidate ongoing AfDB activities:

  • Environmental social safeguards — CSOs could play an expanded and enhanced role in safeguarding Bank-funded projects. The Bank will consult with CSOs in the context of the newly developed Integrated Environmental and Social Safeguards System with the aim of operationalizing it according to global changes in environmental and social safeguards. It will also draw attention to activities that could have negative social or environmental impacts, such as involuntary resettlement.
  • Independent Review Mechanism (IRM) — CSOs can be an effective vehicle for transferring information to local communities living in the areas covered by Bank-financed projects and programs. They can help the IRM understand the nature and scope of complaints and the local social and economic circumstances that led to the complaints about the projects.
  • Fragile states — CSOs play a critical role in service delivery in fragile states where the public sector is weak. Through its Fragile State Unit, the AfDB fosters cooperation with local and international CSOs in promoting human rights, stabilizing conflict situations and providing services, in addition to its work in conflict prevention, reconstruction and reconciliation. Promoting and supporting CSO work in fragile states will support the Bank’s objectives to assist eligible states in consolidating peace, stabilizing their economies and laying the foundations for sustainable poverty reduction and long-term economic growth.
  • Outreach and communication — CSO engagement with the Bank would require direct communication between the two parties. CSOs need to be kept abreast of Bank-funded activities while the Bank needs to have basic and credible information about the CSO landscape on the continent.

The CSO framework will be implemented in a progressive manner:

  • A full assessment of Bank’s activities related to CSOs (direct involvement of CSOs in the Bank’s country programs and participation in project implementation, participation in poverty-reduction strategy papers, country strategy papers, governance and country gender profiles, and the AfDB’s post-evaluation exercise, etc.) will be conducted in April-May 2012 to identify the specific strengths and weaknesses of the current approach undertaken by the Bank with CSOs, and help better prioritize actions to be taken.
  • An action plan will be elaborated to identify optimal calendar and key areas in order to operationalize this framework. The action plan will thus specify the activities, indicators and responsibilities at each level: corporate, country and project.
  • A benchmarking on the CSO will be conducted to identify good practices and highlight the lessons of various experiences. The benchmark will also develop criteria of the CSO involvement in the activities of the Bank.

Source: http://www.waterpowermagazine.com/story.asp?storyCode=2060830

Q&A with the African Development Bank
05 October 2011

Roger M Gaillard, a lead specialist with the African Development Bank’s Energy, Environment and Climate Change Department, gives an an insight into the bank’s funding of hydro projects and dams across Africa

IWP&DC: Could you give a quick overview of African Development Bank (AfDB) funding for hydropower and dam projects across the region.

Roger Gaillard: In the last five years, the total amount provided by the bank for hydropower and dam projects is in the range of US$300M. The capital cost of these projects is actually three to four times larger thanks to the leveraging of other donors, government contributions and private investors shares. The regions/countries that have benefited the most are Western Africa, the Niger Basin, Uganda, Sierra Leone, and Madagascar.

The major part of this funding was devoted to new projects. Refurbishment efforts remained modest with the Massingir dam rehabilitation project in Mozambique.

Is the bank focusing more on funding for refurbishment as opposed to new projects?

The bank provides funding for both refurbishment and new projects that meet its social and environmental standards. Africa has tapped only a small fraction (4%) of its hydropower potential (estimated at 1750TWh), so the scope for new projects is large. The challenge remains that much of Africa’s energy potential is far from the urban centres where it is most needed. Regional energy schemes that encourage the creation of regional markets will be important.

Are there certain countries that have received more funding over the past five years? If so, why?

Obviously the activities and efforts of the bank to support hydropower projects are concentrated in areas where there are large river basins with untapped potential for hydropower such as the Fouta Djalon in West Africa, Zambezi and Nile river basins, Congo river basin, Niger river basin, Cameroon, Ethiopia, etc.

Overall, the African Development Bank Group’s mission is to help reduce poverty, improve living conditions for Africans and mobilise resources for the continent’s economic and social development. With this objective in mind, the institution aims at assisting African countries – individually and collectively – in their efforts to achieve sustainable economic development and social progress.

Like other development banks, the AfDB promotes the investment of public and private capital in projects and programmes that are likely to contribute to the economic development of its stakeholders. The bank therefore finances projects run either by the government or the private sector.

The AfDB works with each borrowing regional member country to define a medium- to long-term development strategy and operational programme in a document called a country strategy paper. The paper considers performance and results, is aligned to the country’s own development plan and poverty reduction goals, and its preparation or planning cycle. This assessment and planning document guides much of the work in each country. In addition, sector strategies guide overall priorities in their respective sectors.

In 2010, infrastructure made up 71% of the Bank’s portfolio of approved projects.

Has bank funding for African hydropower and dam projects increased or declined over the past ten years?

The bank’s funding for hydropower and dam projects remained more or less steady during the last ten years. Nevertheless, in recent years, the bank has funded a series of feasibility and detailed studies (the Gambia River Basin Development Project and Inga in the Democratic Republic of Congo are major examples) that will lead to projects worth several billion dollars in investments in the coming years.

Can you give examples of current Bank projects that are live in Africa?

In the Democratic Republic of the Congo, the bank is currently financing a feasibility study of the Inga River to identify the optimal site for hydropower development. The project is significant not only for the DRC but for Africa as a whole, as it has the potential to provide one-third of Africa’s current power through clean, low cost energy (up to 40,000MW).

Meanwhile the Bujagali hydroelectric power plant in Uganda will mean fewer blackouts and brownouts and will reduce the need for expensive, polluting back-up generators. The plant is a 250MW run-of-the-river power plant. The project includes upgraded transmission lines and 100km of new lines as well as upgraded and new substations. The total project cost is US$736M. The bank is contributing US$110M towards the power project and US$27M for interconnection.

The OMVG energy programme in West Africa will improve access to electricity in four countries: Senegal, Gambia, Guinea Conakry and Guinea Bissau. It will be the largest integrated hydropower scheme in Western Africa, with two hydropower plants totaling a capacity of 368MW. Approximately 1700km of overhead lines will connect the four countries and later other countries in the region. It is a substantial contribution to a regional energy market. The project includes: two hydropower plants, 15 substations, and 1700km of transmission lines. The total estimated cost is US$1.27B.

In Madagascar, the 15MW Sahanivotry hydropower plant generates 90GWh on average, supplying 10% of the island’s electricity. It is privately owned and operated and is Madagascar’s first project to earn the right to sell carbon credits through the Clean Development Mechanism. The project cost was US$13M with the African Development Bank providing US$6M.

In Sierra Leone, the Bumbuna hydroelectric project will provide a 50MW hydroelectric power station and a 200km transmission line and associated substations to distribute electricity from Bumbuna to Freetown and nearby villages. The goal is to complete a project begun in 1990 that was interrupted by civil strife. When complete, it is expected to lower the country’s annual fuel bill by US$11.5M, thereby reducing Sierra Leone’s trade deficit by 5-6%. Completing the project is expected to cost US$57M. The AfDB is contributing a US$16M loan.

 

 

The Kandadji project in Niger includes the construction of a 1.6B m3 dam to regulate the flow of the Niger River to provide water for irrigation, water supply and sanitation, etc. The electricity by-product will be a source of revenue. The dam is necessary to help address Niger’s recurrent drought. The bank is providing US$62M in loans and grants.

Please give one good case study of a project that the bank has been working on in Africa.

The Bujagali hydroelectic plant is a 250MW project on the White Nile in Uganda. It is located at Bujagali Falls, about 5m from the source of the Nile in Lake Victoria. Uganda’s current generation capacity is 283MW. This plant will double its current capacity and bring the price of electricity down from 24 to 11 cents per kWh.

It is also one of the largest private equity investments in the hydropower sector in Africa. As part of the financing arrangement, the AfDB guaranteed the debt provided by the commercial lenders through a partial risk guarantee, effectively protecting lenders from a default by the host country government. This, in combination with other carefully planned and innovative financing arrangements, enabled the deal to go forward and close in just under two years.

As noted above, the project includes upgraded transmission lines and 100km of new lines as well as upgraded and new substations. The total project cost is US$736M. The Bank is contributing US$110M towards the power project and US$27M for the transmission lines, which are being constructed as a separate but linked project.

Construction of the transmission lines is about 80% complete. There is ongoing work to secure the remaining access rights to the transmission corridor. Construction of hydroelectric plant is progressing well.

Looking to the future, is AfDB-funded support for hydro and dam projects likely to increase?

Support for projects will certainly increase, in part as a result of efforts to prepare projects through studies and advisory services and in part due to the increased attractiveness of the renewable energy sector. This is thanks to more adequate concessional financing resources mobilised by the international community for the struggle against climate change.

Africa has 20% of the world’s hydropower potential but only uses a small fraction of that capacity. Currently, there is renewed and active global interest in developing that capacity. Demand for electricity in Africa’s is expected to grow at about 3.5% per year for the next two decades, meaning electricity consumption will double within the same period. The high price of crude oil continues to have an impact. In addition, there is growing government and public awareness of the potential for green growth to mitigate greenhouse gas emissions and take advantage of new growth opportunities through renewables.

The AfDB is committed to reducing poverty in Africa, and increasing access to energy is a key part of that commitment. Under its forthcoming energy strategy, clean technologies, like hydropower, play a major role. Over the next three years, the AfDB intends to invest more than US$3.5B in improving energy access, with more than a third of it going to renewable energy under its new energy strategy.

The bank has been approached by several of its member countries for funding various hydropower and dam projects in the short term. These projects are at various stages of the bank instruction process, ranging from identification to final appraisal for submission to its board during the coming months.

The most significant projects are:

• The Itezi Tezi 120MW plant in Zambia.

• The 60MW Rusumo Falls multinational project in East Africa.

• Geba project in Ethiopia.

• Félou and Gouina schemes for OMVS in Western Africa.

• Lompangar power plant in Cameroon.

• Boali Scheme in the Central African Republic.

It is worth noting that the evaluation and appraisal activities on these projects will always focus on assuring that they meet the social and environmental standards of the bank prior to the decision to finance.

Roger M. Gaillard can be contacted via email at the African Development Bank: r.gaillard@afdb.org